Transparence

27.08.2015

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Certaines décisions ne provoquent certes pas des tsunamis. Mais elles révèlent davantage qu’un long discours, un état d’esprit. En témoigne l’éviction du représentant du Leem de la Commission de transparence (Haute Autorité de santé). Bien sûr, la décision ne tombe pas par hasard. C’est la queue de comète de l’affaire Mediator® avec le discrédit jeté sur l’ensemble de l’industrie pharmaceutique. La décision était dans l’air. Le Leem ne siégeait déjà plus à l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé. La Commission de transparence revêt toutefois un autre enjeu. C’est là que se joue l’accès au marché remboursable. L’affaire de l’éviction ne revêt donc pas un seul enjeu symbolique. Et il ne faudrait pas prendre pour argent comptant la réaction diplomatique du Leem qui évoque une « décision inappropriée ». Mais pourquoi avoir pris cette décision au cœur de l’été ? Et provoquer un nouveau coup de froid alors que de nombreux dossiers des plus brûlants sont sur la table de négociation. Citons au hasard le renouvellement de l’accord-cadre en cours de négociation entre le Leem et le Comité économique des produits de santé. La décision semble-t-il aurait été prise par le cabinet de Marisol Touraine. Et serait intervenue en réponse aux liens supposés entre l’ancien président de la Commission de transparence, le Pr Gilles Bouvenot et des industriels révélés par Mediapart en mars dernier. L’enquête administrative diligentée par la HAS ne suffisait pas. Le politique se devait donc de frapper un coup de poing sur la table. Exit donc le représentant du Leem.

Enfin la Commission de transparence serait animée par les seuls professionnels de santé, médecins et pharmaciens. Elle sera renforcée par les représentants des patients à l’image de la situation observée chez nos voisins européens. Il y aurait donc une logique au départ du Leem. Un simple détail perturbe cette belle architecture dont les fondations reposeraient sur la seule expertise scientifique. Pourquoi avoir conservé entre autres les fauteuils des représentants de la direction de la Sécurité sociale et des caisses de l’assurance-maladie ? Y-aurait-il deux poids, deux mesures ? Ces spécialistes qui manient davantage les chiffres et les grands comptes doivent sûrement s’ennuyer lors de ces échanges entre experts. Et on les « libérerait » de leur mission ? La Commission de transparence porterait enfin bien son nom…

Source : Decision-sante.com
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