Une innovation de rupture dans le mélanome

24.09.2015

Le mélanome a sans doute enfin un traitement efficace. Anti-PD1, Keytruda (Pembrolizumab) vient de se voir accorder une AMM par l’agence européenne du médicament.

Ce nouveau traitement proposé par le laboratoire MSD bloque la maladie cancéreuse. Il est indiqué dans le traitement de patients atteints de mélanome avancé. Rappelons que le mélanome est une forme grave de cancer de la peau dont l’incidence est en augmentation. En France, 11 176 nouveaux cas ont été recensés en 2012.

« Ce médicament a été enregistré aux États Unis après une phase I », explique le professeur Caroline Robert (IGR) tant « les résultats ont été incroyables ». En France, le médicament bénéficiait avant cette AMM d’une ATU qui a été attribuée à 900 patients. L’AMM européenne a été, quant à elle, attribuée aux vues des données issues de plusieurs études cliniques conduites (dont une étude de phase III appelée Keynote 006). Dans cette étude, ce médicament d’immunothérapie a prouvé une amélioration de la survie globale et de la survie sans progression par rapport au traitement de référence (ipilimumab). Selon les données transmises par l’étude, le traitement permet une diminution de 31 % du risque de décès. Le taux de survie à un an est de 68 %. Quand le prembrolizumab est administré toutes les trois semaines, le taux de survie sans progression à neuf mois est de 42 %. Chez un tiers des patients, selon Caroline Robert, « on a une réduction des métastases objective selon des critères évalués. Même si on ne sait pas encore combien de patients survivent à 2 ans et 3 ans, ces résultats sont prometteurs et encourageants ».

Moins d’effets indésirables

Keytruda est administré sous une dose de 2 mg/kg par voie intraveineuse sur une durée de 30 minutes toutes les trois semaines. D’après les essais cliniques, les effets indésirables les plus fréquents sont la fatigue (33 %), le prurit (25 %), le rash (25 %)… Mais ils sont probablement moins importants qu’avec ipililumab, selon le laboratoire.

L’immunothérapie et PD-1, point de contrôle de l’immunité antitumorale

L’une des fonctions de la réponse immunitaire est de détecter et de détruire les cellules tumorales grâce à l’action des lymphocytes T activés et à d’autres mécanismes. Le système immunitaire peut se révéler défaillant. Certaines cellules tumorales échappent au système immunitaire en exploitant la voie PD-1, point de contrôle immunitaire, par le biais de l’expression des deux ligands PD-1 : PD-L1 et PD-L2. PD-L1 et PD-L2 se lient au récepteur PD-1 sur les lymphocytes T dans le but de les inactiver, ce qui peut permettre aux cellules tumorales d’échapper à la réponse immunitaire. Caroline Robert souligne encore : « Nous manquons encore de biomarqueurs prédictifs ou précoces d’efficacité. Il nous manque aussi des marqueurs biologiques qui nous permettraient de repérer les patients qui risquent de développer des effets secondaires graves ».

D’après une conférence de presse organisée par MSD, Paris, le 17 septembre 2015.
Source : Decision-sante.com
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