Les Rencontres de la Santé à Rennes, le 29 mars 2016

10.05.2016

Nouveaux regards sur les parcours de santé des patients cardio- et neuro-vasculaires.
Au-delà de formidables avancées dans le parcours de santé AVC, prévention et coordination restent 2 axes à optimiser.

Après le 1er colloque régional réalisé en PACA en fin d’année 2015 sur les parcours de santé des patients victimes d’accident vasculaire cérébral (AVC), Décision Santé et le Quotidien du médecin, avec le soutien institutionnel des laboratoires Bayer et en partenariat avec France AVC, a poursuivi son analyse en organisant un 2ème colloque en Bretagne, à Rennes, fin mars.

Le Pr Serge Timsit (neurologue, CHU Brest) a souligné la très bonne structuration de la  filière neurovasculaire en Bretagne pour la prise en charge en hyperaigu de l’AVC et un maillage territorial remarquable. Un objectif clair : minimiser les pertes de temps et optimiser ainsi les chances de moindres séquelles pour le patient, voire de totale récupération.

« Le temps, c’est du cerveau ! »
1 minute de temps perdue = 2 millions de neurones perdus !

Différentes initiatives mises en place dans cette région ont été soulignées :

  • - réseau très soudé des neurologues de la région, avec la création il y a plusieurs années d’un centre d’expertise de référence, géré par les services de neurologie des CHU de Brest et de Rennes (CREBEN – Centre RÉgional Breton d’Expertise Neuroradiologique) auquel tout neurologue peut s’adresser, même en cas d’urgence, pour demander un avis diagnostique ou de prise en charge –
  • - constitution d’une plateforme de coordination du parcours de soins spécifiquement consacrée aux pathologies neurologiques, en particulier l’AVC (ONIRIC – programme porté par l’Association Neuro Bretagne) pour harmoniser les modalités de prise en charge des patients et favoriser l’accès aux innovations thérapeutiques –
  • - réseau de télémédecine mis en place avec succès dans certaines zones blanches pour pallier l’absence d’unité neurovasculaire proche (entre les CH de Lannion et Saint-Brieuc) – structuration de 2 centres pratiquant les thrombectomies cérébrales en urgence aux CHU de Brest et de Rennes (le centre rennais se voyant adresser des patients venant de Normandie et de Mayenne).

« La coordination, maître-mot de la prise en charge de l’AVC ! » L’adage « Si tu veux évaluer la qualité du système de soins d’un pays, regarde la qualité de performance de son système de prise en charge de l’AVC », rappelé par Olivier Grimaud, de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP) de Rennes, semble pertinent. Au-delà d’une grande réactivité, la prise en charge de l’AVC implique un nombre considérable d’acteurs tout au long du parcours (professionnels de santé médicaux et non médicaux multiples, assistante sociale, services de mairie…). Ce nombre tend encore à s’accroître aujourd’hui avec l’essor de la thrombectomie qui nécessite de nouveaux acteurs (neuroradiologue, responsable de bloc, anesthésiste). Une coordination efficace entre tous ces acteurs est donc essentielle pour assurer une continuité dans la prise en charge des patients : coordination intra hospitalière en 1er lieu lors de la prise en charge en hyperaigu puis en aigu, mais aussi coordination entre la ville et l’hôpital, alors que le patient revient chez lui, puis coordination au domicile-même du patient, lorsque différents acteurs doivent intervenir. C’est une réelle problématique, clairement identifiée, qui nécessite un vrai travail pour conforter tous les progrès faits. Le Pr Philippe Mabo, cardiologue au CHU de Rennes, a en particulier insisté sur la place très importante du cardiologue dans ce parcours, à l’interface des disciplines, à la fois dans l’« avant- » et dans l’« après- » accident. La prévention est un axe essentiel, a t-il rappelé, tant primaire que secondaire, ce d’autant qu’il existe des règles simples et d’éventuels traitements efficaces. Cette prévention repose notamment sur la recherche des facteurs de risque d’AVC et leur prise en charge par des traitements efficaces et des mesures hygiéno-diététiques adaptées. Le patient doit être acteur de son parcours de santé et s’impliquer dans cette prévention. Un thème repris au travers de l’éducation thérapeutique, dont le Dr Vincent Cahagne (neurologue et coordonnateur du programme d’éducation thérapeutique neurovasculaire au CHU de Rennes) souligne l’importance : « Après un premier AVC, le patient doit s’engager dans un processus de long terme, car il n’est pas guéri et il doit s’impliquer activement dans une démarche de prévention. Même s’il ne garde aucune séquelle de son AVC, sa guérison est factice, car le risque de récidive persiste et persistera toute sa vie. »
 
Prochains colloques à Lille le 8 juin, Strasbourg le 23 juin, Bordeaux le 28 juin et à Paris pour le colloque national fin septembre.
 
Dr Carole Morneau

Source : Decision-sante.com
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