VIH, une journée sous le signe de la nutrition

15.03.2018

Organisée par l’Institut Pasteur de Lille, la première édition du colloque VIH et  Nutrition s’est déroulée le 15 février à Paris. L’occasion pour les professionnels de santé et lespatients de faire un point complet sur la nutrition pour les personnes vivant avec le VIH.

  • visuel nutrition

Jean-Michel Lecerf, nutritionniste et endocrinologue à l’Institut Pasteur de Lille, a introduit la journée en abordant les problèmes métaboliques rencontrés par les personnes vivant avec le VIH, qui entraînent un risque cardio-vasculaire. La nutrition joue un rôle clé pour prévenir ces troubles. La diète méditerranéenne est par exemple considérée comme l’alimentation de prévention des risques cardio-vasculaires. « Il ne faut pas supprimer les lipides mais plutôt modérer les glucides et privilégier des aliments à index glycémique bas », conseille Jean-Michel Lecerf. Il insiste sur le fait que les personnes doivent continuer à prendre plaisir en s’alimentant, en cuisinant des aliments de qualité et variés, sans tomber dans l’écueil du cumul des interdits.

Gérard Ribes, psychiatre à l’université de Lyon 2, est ensuite revenu sur les aspects psychiques de la maladie. « Elle provoque un sentiment d’impuissance que suscite la rupture des sentiments de sécurité et d’identité », explique-t-il. Pour que le patient reprenne une forme de contrôle sur sa vie, il va devoir mettre en place un processus d’adaptation psychosociale. Certaines maladies, comme le VIH, peuvent aussi entraîner des modifications corporelles, pouvant être stigmatisantes pour le patient. « Notre société est plutôt lipophobe et assez anorexiphile », constate Gérard Ribes. Le surpoids représente ainsi une perte de contrôle de l’individu dans un environnement d’abondance de nourriture. Pour le psychiatre, la réparation narcissique est notamment une piste thérapeutique pour les personnes en surpoids.

Les freins au changement alimentaire

Un changement d’habitude alimentaire est souvent une étape incontournable pour les personnes malades, que ce soit à titre préventif ou curatif. « Nous observons cependant certains freins, issus de la construction du comportement alimentaire du patient et de sa régulation inconsciente », note Katherine Kuréta-Vanoli, diététicienne et nutritionniste. Outre la peur du changement, se pose aussi la question de la conservation de l’identité de l’individu, qui est régie par ses goûts et ses choix alimentaires. Certains aliments « réconfortants » agissent aussi sur la régulation émotionnelle, ce qui peut constituer un obstacle s’ils sont proscrits. Pour permettre l’acceptation des changements, la diététicienne conseille de ne pas additionner les interdits. « Il vaut mieux parler d’adaptation alimentaire que de changements. Certains freins peuvent être levés s’ils sont présentés astucieusement », explique-t-elle.

L’image du corps face à la maladie

Aujourd’hui, l’athérosclérose représente la première cause de maladie cardio-vasculaire chez les patients atteints de VIH, et la troisième cause de décès. L’infection, le mode de vie mais aussi les traitements antirétroviraux peuvent être à l’origine de ces troubles cardio-vasculaires. « Les médicaments de la famille des anti-protéases ont un effet délétère au niveau métabolique et entraînent un risque élevé d’infarctus », pointe Franck Boccara, cardiologue à l’hôpital Saint-Antoine à Paris. En revanche, plusieurs études montrent que les molécules anti-intégrases ont un effet plutôt neutre. Au niveau des perspectives, une étude américaine a montré que la pitavastatine administrée en prévention primaire chez des patients atteints de VIH réduisait le nombre d’évènements cardio-vasculaires. De nouvelles classes d’anti-cholestérol, comme l’evolocumab ou l’alirocumab, sont également à l’étude et représentent des alternatives prometteuses pour les patients à haut risque.

La matinée s’est terminée par une table ronde, au cours de laquelle Faiza Ajana, praticien hospitalier à l’hôpital de Tourcoing, a présenté plusieurs cas cliniques de patients vivant avec le VIH atteints de lipodystrophie. Cette maladie résulte d’un problème de répartition des graisses et se caractérise par une accumulation et/ou une perte du tissu adipeux. L’après-midi s’est poursuivie par trois ateliers : « l’éducation thérapeutique en nutrition », « les pièges et repères pour l’équilibre alimentaire » et « cuisiner autrement pour les personnes d’origine africaine ». Ils étaient animés par Patrick Jourdain (cardiologue), Michèle Cahuzac (diététicienne nutritionniste), Florence Brunel (infectiologue) et Albertine Pabingui (anthropologue).

Publi-rédactionnel réalisé par Décision & Stratégie Santé pour l’Institut Pasteur de Lille.

Audrey Fréel
Source : Decision-sante.com

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