Philippe Tcheng (Leem) : « La politique du médicament est désormais suivie au plus haut niveau de l'Etat »

Gilles Noussenbaum
| 13.09.2018

Élu avec 65 % des suffrages exprimés, Philippe Tcheng est le nouveau président du Leem (Les Entreprises du médicament). Il bénéficie d'un vent d'optimisme observé depuis les engagements pris par le gouvernement pour renforcer l'attractivité de la France. L'automne avec la présentation du PLFSS 2019 confirmera-t-il cette météo favorable pour l'industrie pharma ?

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Mots clés

Un médecin succède à un autre médecin. Faut-il être médecin pour être élu à la tête du Leem ?

Sûrement pas. L'une des conditions est d'assurer des fonctions de dirigeant d'une entreprise du médicament. En ce qui me concerne, je suis président-directeur-général de Sanofi-Aventis Groupe. Pour autant la qualité de médecin est un avantage lors des échanges avec nos différents partenaires. 

Le mandat de président du Leem est limité à deux ans. Sur quels critères souhaitez-vous être évalué ?

Mes collègues jugeront à partir du projet présenté le 17 juillet dernier au conseil d'administration. J'ai la volonté que notre action puisse être objectivée par des résultats concrets et non pas à partir de simples impressions. Je souhaite également mettre en œuvre une large consultation auprès des adhérents du Leem afin de mieux connaître leurs attentes, leurs besoins. À l’issue de ces deux ans, j'espère qu'il sera possible de mesurer l'évolution du regard parfois critique que l'opinion porte sur notre industrie. Pour être concret, j'ai été très impliqué dans l'organisation du dernier Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) en juillet dernier. Une mesure essentielle a été actée, celle de la réduction des délais d'accès au marché. Une directive européenne stipule que les produits de santé soient disponibles au plus tard 180 jours après l'attribution de leur AMM. En France, le délai moyen est de 500 jours. Le gouvernement s'est engagé à respecter le délai prévu par la directive européenne à l'horizon 2022. Nous serons très vigilants sur le respect de cette mesure. 

Aujourd'hui, une ASMR de niveau 3 est indispensable afin qu'un médicament innovant soit inscrit sur la liste en sus. L'ensemble des acteurs ont critiqué cette procédure. Une évolution à court terme est-elle programmée ?

Une évolution de cette réglementation n'exige pas d'être inscrite à l'agenda de l'Assemblée nationale. Un simple décret peut suffire. En attendant, la volonté est partagée de remettre à plat les critères d'évaluation des produits de santé. À la suite de nombreux rapports et recommandations, un consensus s'établit autour d'un critère unique d'évaluation, à savoir la valeur thérapeutique relative. Nous défendons également dans ce cadre le concept d'innovation thérapeutique conditionnelle lorsque les preuves cliniques ne sont pas suffisantes au regard des critères du régulateur. Enfin, une autre demande portée entre autres par les associations de patients serait de prendre en compte les données en conditions réelles d'utilisation. Une date butoir pour finaliser les discussions a été fixée en avril prochain. 

La politique de santé est prise en étau entre le ministre de la Santé et celui du Budget. Bercy à la fin gagne souvent les arbitrages. Cette situation est-elle en train d'évoluer ?

Les réunions d'arbitrage en préparation à la tenue du CSIS ont été pilotées au plus haut niveau de l'État, en concertation avec le cabinet du Premier ministre et celui du président de la République avec bien sûr les administrations des ministères de la Santé, de Bercy et de la Recherche. C'est un changement considérable par rapport au gouvernement précédent. Différents rendez-vous sont programmés dans les prochaines semaines qui témoigneront ou non d'une inflexion significative de la politique du médicament.   

Vos prédécesseurs se sont efforcés de modifier le regard du grand public sur l'industrie pharmaceutique avec un succès mitigé. Comment comptez-vous procéder dans ce domaine ?

C'est un sujet de fond qui repose sur l'instauration d'un dialogue mené sur le long terme avec tous les acteurs, y compris les patients et les professionnels de santé dans leur diversité. La création d'un comité indépendant de déontovigilance, une instance rare dans les organisations professionnelles illustre notre volonté de transparence. Enfin, nos différentes entreprises s'engagent dans des actions de responsabilité sociétale, exemples de notre inscription dans le tissu associatif de l'Hexagone. C'est un enjeu essentiel pour le Leem. Je m'y engagerai au quotidien.

Source : Decision-sante.com

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