Le G5 dénonce les incohérences entre le CSIS et le PLFSS

Gilles Noussenbaum
| 25.10.2018

En 2003, la France occupait le premier rang en Europe pour la production pharmaceutique. Elle est désormais distancée par la Suisse, l'Italie, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Peut-elle rattraper le retard perdu le temps d'un quinquennat ?

  • G5

La France peut-elle retrouver son leadership européen perdu en moins de dix ans en matière de production pharmaceutique ? « Elle peut le retrouver d'ici la fin du quinquennat », a promis Yves L'Epine, président du G5 Santé, structure qui regroupe les principaux laboratoires pharmaceutiques français et directeur général de Guerbet lors de la 7e édition des Rencontre du G5 santé. En 2003, l'Hexagone produisait pour 31,3 milliards d'euros de médicaments. Il assurait alors la course en tête. En 2016, le chiffre d'affaires atteint péniblement 19 milliards. Pendant ce temps, la Suisse, nouveau leader, a connu une progression foudroyante avec un montant s'envolant de 12,3 milliards en 2003 à 46,3 milliards en 2016. Même si la croissance a été plus faible dans les autres pays, l'Italie, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Irlande précèdent désormais la France. Mais s'il est facile de descendre une pente, la remonter ne relève pas de l'évidence. Surtout lorsque sont notées des « incohérences entre les visions ambitieuses, portées par le Conseil stratégique des industries de santé et les décisions concrètes du PLFSS 2019 ». Les années passent, des mesures disruptives sont annoncées. Mais on maintient toujours la politique du rabot, selon le G5. Au final, plus de 2 milliards d'euros d'économies sur les produits de santé devraient être réalisées en 2019. 

Crédit impôt-recherche sanctuarisé

Comment sortir alors de la vision court-termiste ? Lors de la première année du quinquennat, le gouvernement a procédé à des réformes macroéconomiques sur le code du travail, la fiscalité ou l'apprentissage, défend Thomas Courbe, directeur général des entreprises, au sein du ministère de l'Économie et des finances. Le crédit impôt-recherche a été sanctuarisé. Quant au Conseil national de l'Industrie, il a justement mis en place une réflexion approfondie sur un contrat de filière de bioproduction. La problématique santé serait au cœur de l'action menée par les pouvoirs publics, comme en témoigne lors de l'installation du Conseil de l'innovation en juillet dernier la sélection de la thématique Intelligence artificielle et diagnostic comme thème prioritaire. Bref, l'État prend ses responsabilités. Sur un sujet précis comme les essais cliniques, la fin du tirage au sort pour les comités de protection des personnes devrait dynamiser la recherche biomédicale. Mais il ne peut pas tout faire. 

Le forfait innovation ne marche pas

Le diagnostic est validé par Pierre Moustial, président de Medtech in France, directeur général du groupe Urgo du moins sur le volet financier : « Le financement public est suffisant pour les start-up. Manquent en revanche des fonds privés qui n'investissent pas suffisamment dans le secteur de la santé. » L'enjeu est bien de transformer les pépites en licornes françaises avant qu'elles ne soient achetées par des acteurs étrangers. Pour autant, le politique doit reconnaître des échecs cuisants. Le forfait innovation ne marche pas. Pendant ce temps où la France tente de nouvelles expérimentations comme l'inscription transitoire au remboursement, les États-Unis accélèrent. Avec le Program for Parallel Review of Medical Devices par exemple, l'évaluation se déroule en même temps que la fixation du prix. « Le plus gros marché au monde devrait devenir en même temps le plus simple au monde », résume Pierre Moustal. 

Dans cette course d'obstacles permanente à l'innovation, l'espoir repose sur les nouvelles générations. Mais là aussi, il y a urgence. « Il nous faut garder sur le territoire les jeunes diplômés, les futurs talents », souligne Franck Leroux (vice-président stratégie industrielle Sanofi). La France serait-elle devenue une terre d'émigration ?

 

 

Source : Decision-sante.com

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