Faut-il un quatrième plan cancer ?Thierry Breton, DG de l’Inca : « Le défi doit être relevé sur les cancers où la mortalité est encore très élevée »

Gilles Noussenbaum
| 21.03.2019
  • Breton

Faut-il un quatrième plan cancer ?

Ce qui est certain c’est que nous devons poursuivre la lutte contre les cancers. Le nom importe peu : plan, stratégie…. Comme l’évaluation le montrera, des progrès très importants dans la lutte contre le cancer ont été enregistrés. Pour autant, des défis en matière de prévention, de réduction d’impact de la maladie doivent être relevés alors que la prévalence augmente fortement. Des progrès considérables restent à accomplir sur certains sujets.

Comme par exemple le dépistage du cancer colorectal.

Nous sommes il est vrai en échec sur ce dépistage. Chaque année, nous déplorons 18 000 décès pour ce cancer alors que le nouveau test introduit en 2015 est très efficace. La participation s’élève à 33 % seulement. La prévention, nous l’avons dit, est un enjeu important. On pourrait prévenir 40 % des cancers avec des changements de comportements et habitudes de vie, soit 150 000 cas de cancers en moins par an. Le défi enfin doit être relevé sur certains cancers où la mortalité est encore très élevée.

Mais que peut faire par exemple l’Inca sur le cancer du pancréas ?

Le rôle de l’Inca est de proposer, de mobiliser et de coordonner des politiques de lutte contre le cancer. La lutte contre le cancer du pancréas mérite une impulsion publique. Si nous n’intervenons pas, il y aura peu d’évolutions. Pourquoi ? Parce que des actions de recherche nouvelles doivent être envisagées, des filières de soins mises en place. En l’absence d’impulsion et malgré l’excellence des équipes engagées dans ce combat, nous n’enregistrons pas de progrès significatifs sur le cancer du pancréas, du poumon, du sein triple négatif, de certains cancers de l’enfant. C’est la responsabilité de l’Inca de s'engager et d’entreprendre collectivement des actions, même si nous ne pouvons pas tout faire.

Pourquoi dans ce contexte perçoit-on des réticences au plus haut niveau de l’Etat à lancer ce nouveau plan ?

Il n’y a pas de réticences. La ministre a exprimé un temps des interrogations. C’est plus en fait une réflexion sur les outils dont on a besoin pour conduire une politique de lutte contre le cancer qu’un avis exprimé sur son utilité. Son discours prononcé le 4 février lors des Rencontres de l’Inca était clair. Elle a réaffirmé ce que devaient être les priorités de la lutte contre le cancer, la prévention bien sûr, la réduction des séquelles, et le combat contre les cancers de mauvais pronostic. On va probablement passer d’une mobilisation générale à des plans centrés sur un nombre restreint d’objectifs, mais avec une ambition forte de succès sur ces points. Il n’y a pas d’ambiguïté sur ce point.

La structuration de la recherche sur le cancer est l’un des axes majeurs de l’Inca. Quelles en sont les prochaines étapes ?

Les plans précédents ont mis en place des outils innovants. Il faudra désormais les faire évoluer. Cet effort de structuration dans le domaine de la recherche a donné des résultats probants. Le nombre de publications scientifiques françaises dans les revues internationales a cru de 200 % en douze ans. Le modèle doit désormais évoluer sur deux points, la transdisciplinarité et la rapidité et l’efficacité dela recherche clinique. Sur ce dernier point, des essais cliniques menés sur un nombre limité de patients nous permettront d’invalider ou de valider une hypothèse afin d’avancer plus vite. Un enjeu nouveau émerge, à savoir le recours optimisé à des médicaments déjà sur le marché.

Source : Decision-sante.com

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