Et la réponse de Véronique Suissa...Une intégration à questionner mais une intégration qui existe déjà

Gilles Noussenbaum
| 10.10.2019
  • MCA

La question de l’intégration des MCA fait actuellement débat entre les tenants d’une médecine plus intégrative et ceux qui défendent une approche exclusivement fondée sur des preuves. Si sur ce point, la controverse est importante, soulignons cependant des positions convergentes en faveur d’une médecine plus humaine. Cette dynamique vers le care est à la fois portée par la politique de santé, les institutions de soins et leurs représentants. Mais l’erreur communément observée consiste en un cloisonnement de la pensée visant à opposer la « médecine officielle » des « approches non médicalisantes ». Car c’est bien ce changement de paradigme collectivement admis (le cure vers le care) qui a contribué au processus d’inclusion du soin non médicamenteux. L’instauration des soins de support, la reconnaissance de thérapies non médicamenteuses (TNM) par la HAS, l’essor des PASA*, les formations aux MCA dédiées aux médecins et aux soignants, etc., montrent une médecine en mouvement et globalement ouverte à une prise en soins plus globale. En outre, le processus d’intégration du « non médicamenteux » est aujourd’hui une réalité qu’il importe de questionner et de structurer. Le propos des trois directeurs de l’ouvrage est de défendre cette dynamique intégrative à l’œuvre sans pour autant adhérer à une « inclusion aveugle ». À ce stade, la réflexion porte sur la pertinence d’une intégration réfléchie, cohérente et sécuritaire. En d’autres termes : qu’intègre-t-on ou non, pourquoi et pour quels praticiens ? Le propos est de porter témoignage d’une offre de soins en pleine expansion, participant d’un phénomène complexe, incontrôlé et intriqué. Le recours croissant aux MCA, la désinformation dans le domaine ou encore les risques de charlatanisme imposent de délimiter ce mouvement en quête de structuration : définition, évaluation, législation et formation. Bien entendu, cette démarche doit s’accompagner d’une réflexion autour du « savoir-être » des soignants (ex : empathie) auprès des personnes fragilisées. Finalement, les MCA questionnent à la fois le rôle de la médecine, les missions des professionnels de santé, la place du « non médicamenteux » en institution et, plus largement, le concept de « soins ».

* Pôles d'activité et de soins adaptés

Source : Decision-sante.com

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