Agnès Buzyn, acte II, III, IV...

Gilles Noussenbaum
| 30.01.2020
  • Buzyn

Le coronavirus ne sème pas seulement la panique autour de lui. Ce virus virulent a aussi infecté l'arène politique parisienne. Mobilisée par la lutte contre le risque pandémique, le Dr Agnès Buzyn a déclaré forfait pour les municipales. Le médecin chef ne portera pas secours au caporal Griveaux, pourtant bien mal en point dans les sondages. Pourtant, au sein d'un gouvernement fragilisé par les crises à répétition, Agnès Buzyn ne plie pas. Et assure la mission qu'on lui a attribuée. Parer aux coups tout en promettant comme bon général de mener ses troupes à bon port, ici jusqu'à ma santé 2022. La victoire en chantant, avaient d’ailleurs claironné tous les experts après le discours d'Emmanuel Macron, en septembre 2018. Mais les urgentistes d'abord, puis l'hôpital ensuite a brisé net l'élan. Et obligé le commandement à adapter la stratégie. La médecine serait-elle alors la poursuite de la politique par d'autres moyens ? En attendant, Agnès Buzyn assume. Faut-il parler d’acte 2, 3, ou 4 ? La période cristallise toutes les contradictions d’un ministre venu de la société civile. Dire la vérité ou faire de la politique quitte à faire tousser lorsque la ficelle est un peu grosse. Exemples tirés d’un jour ordinaire le 28 janvier dernier. On avait cru comprendre le collectif inter-hôpitaux en colère après sa rencontre avec la ministre. En fait, précise Agnès Buzyn lors de la présentation de ses vœux aux journalistes, les médecins n'auraient pas saisi toutes les avancées promises par le plan du gouvernement. Nous voilà donc rassurés ! Mais la toujours populaire ministre ne sacrifie pas toujours son capital de crédibilité pour la seule séduction de son auditoire. Deux heures après son rendez-vous avec les journalistes, Agnès Buzyn déjeunait avec des entrepreneurs. Interrogée sur l'inflation des arrêts de travail, la ministre loin de distiller des propos de café du commerce sur les profiteurs du système, rappelait à son auditoire quelques évidences. Avec l’augmentation de l’âge de départ à la retraite, la fréquence des pathologies graves s’accroît et mécaniquement celle des arrêts de travail longs. Il faut toujours dire à la vérité à son patient, qu’il soit puissant ou misérable ! Et même lui signifier le risque d’aller droit dans le mur. La formule a été citée à plusieurs reprises par la ministre dans la journée notamment à propos du choc démographique. En 2030, les Français âgés d’au moins 65 ans seront plus nombreux que les moins de 15 ans. C’est là un étrange paradoxe. La défiance semble s’installer. Les hospitaliers témoignent de leur désespérance. Mais la parole de la ministre ne paraît guère démonétisée. Faut-il alors pour éviter d’aller dans le mur jouer seulement la carte de l’essoufflement du mouvement comme si chaque acteur était à la recherche d’un second souffle ? y aurait-il un pneumologue au sein du ministère ?

Source : Decision-sante.com

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