Cancer et Covid, une surmortalité avérée chez les patients les plus atteints

Arnaud Janin
| 19.11.2020

A l'occasion du congrès des RCFr 2020 qui aura lieu en distanciel les 24 et 25 novembre, se tiendra une session "Cancer et Covid-19" le 24 novembre. En avant-première, le Pr Joseph Gligorov nous livre les premiers résultats d'une étude portant sur l'impact du Covid-19 sur l'organisation des soins cancérologiques à l'AP-HP.

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« A partir de l’entrepôt de données de santé de l’AP-HP, nous avons répertorié un peu plus de 1 500 patients ayant un diagnostic associé de cancer à la COVID, et nous avons constaté un taux de mortalité de 26% », explique Joseph Gligorov, directeur exécutif de l’IUC AP-HP Sorbonne Université également invité aux RCFR 2020 (Cancer et Covid-19, constats et perspectives). Une analyse plus poussée de ces données est en cours à l'AP-HP. Quels en sont les résultats ? La surmortalité immédiate des patients cancéreux souffrant de la Covid n’est pas si évidente car les cancers surviennent plus souvent chez des patients plus âgés et ayant des comorbidités cardiovasculaires. En revanche une surmortalité est clairement évoquée pour les patients souffrant de certaines hémopathies ou d'autres tumeurs solides agressives à prolifération rapide. Dans ces cas, « un retard de prise en charge lié à la pandémie ou l’infection elle-même peut retentir sur le pronostic vital des patients à court terme ». Pourtant, tout a été mis en oeuvre pour sanctuariser l’activité de cancérologie dans des services dits « Covid-négatif ». De ce fait, l’impact de la Covid a été plutôt modeste chez les patients déjà pris en charge pour un cancer au moment de la première vague, car l'organisation des hôpitaux de jour ainsi que les relais de chimiothérapies à domicile a plutôt bien fonctionné. Une priorisation a également été accordée aux opérations de patients cancéreux en dépit de la réduction importante de l'activité chirurgicale. En ce qui concerne le diagnostic de nouveaux cancers, la situation est hétérogène parmi les cancers les plus fréquents. « Avec le surcroît de scanner thoracique dû à l'épidémie, les collègues pneumologues ont évoqué que certains cancers du poumon avaient été diagnostiqués paradoxalement plus précocément », constate Joseph Gligorov. Et c'est l'inverse pour les cancers du côlon où ont été réalisées moins de coloscopies, donc moins de diagnostics précoces à cause des difficultés à maintenir l'activité des plateformes d’endoscopie pendant la première vague. Mais pour tous ces cancers courants (sein également), la désorganisation des opérations due à la réquisition de certains blocs opératoires et certaines salles de réveil pour être transformés en unités de réanimation a pu entraîner un retard à la prise en charge avec des maladies qui seront traitées à des stades plus avancées et donc avec un pronostic plus défavorable. Au final, l'oncologue craint que ne perdure « la désorganisation du service public et privé entamée depuis le mois de mars. Si cela se prolonge jusqu'au printemps, on aura un retard général de diagnostic sur une année, ce qui risque d'avoir des impacts très négatifs sur l’espérance de vie, sans parler de la qualité de vie des soignés et des soignants… »

Source : Decision-sante.com

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