Brève

Campagne tarifaire : le grand écart du gouvernement

Gilles Noussenbaum
| 01.03.2018
  • colère

Le ton monte chez les patrons des fédérations hospitalières. Après la baisse des tarifs annoncée cette semaine, la bienveillance manifestée après la présentation de la LFSS 2018 cède le pas à la colère froide. « C’est une baisse des tarifs dangereuse et injustifiable », estime Antoine Perrin, directeur général de la Fehap. Elle s’inscrit dans un contexte particulièrement lourd pour les établissements privés à but non lucratif frappés par une baisse de tarifs de 1,7 %, (-1 % + 0,7 de coefficient prudentiel) Alors que le déficit global s’élevait à 11 millions d’euros en 2016, il devrait grimper à plus de 60 millions en 2017. Quel nouveau sommet sera atteint en 2018 ? D’autant qu'il n’existe plus de marge de manœuvre. Quant à la FHF, frappée par une baisse de 1,2 % (baisse de 0,5 % + coefficient prudentiel de 0,7 %), Frédéric Valletoux dénonce une mise sous tension insoutenable des hôpitaux publics. Et relève la prévision d’augmentation irréaliste des volumes d’activité pour 2018 (+2,6 %). À la différence des années précédentes, le secteur privé n’est plus soumis au système dérogatoire. La baisse est limitée à 0,2 %. Ce taux réduit s’explique par la réduction du crédit d’impôt pour la collectivité et l’emploi (CICE). « Cette politique du rabot qui n’en finit pas fragilise encore les établissements de santé », a déclaré Lamine Gharbi, président de la FHP, à l’AFP. Un ton en deçà de ses collègues des autres fédérations. Face à une augmentation mécanique des déficits et une reconnaissance de l’épuisement des personnels reconnues à plusieurs reprises par Agnès Buzyn, quelle est la marge de manœuvre du gouvernement pour alléger le fardeau de la dette ? Il y a là pour le moins un grand écart. Les acteurs hospitaliers témoignent d’une attente très forte pour les annonces sur la réforme de l’hôpital programmée en juin prochain. Un premier pas vient d'être annoncé cet après-midi avec le déblocage de 250 millions d'euros. Avec la réforme dure programmée à la SNCF et ses déficits abyssaux, l’opinion sera-t-elle encore sensible à ceux des établissements de santé ? Il ne faudra pas en tout état de cause rater le train des nouveaux modes de tarification. À suivre.

Source : Decision-sante.com

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