Brève

Baromètre DreesLa confiance des Français dans les urgences s'érode

Arnaud Janin
| 15.03.2018
  • visuel Drees

La moitié des Français se disent satisfaits de la qualité des soins aux urgences hospitalières contre 26 % d'insatisfaits, selon le dernier baromètre d'opinion de la Drees sur la santé, la protection sociale et les inégalités publié le 9 mars dernier. Soit 13 points de moins par rapport à 2010. L'opinion favorable sur les hôpitaux publics reste stable à 68 % contre 12 % d'insatisfaits. Le privé n'est pas en reste car les cliniques recueillent 58 % d'avis favorables contre 5 % d'avis défavorables. Enfin, les maternités obtiennent 53 % de taux de satisfaction contre seulement 3 % de Français mécontents. Concernant le niveau d'informations sur leur état de santé dispensées à l'hôpital ou en clinique, ils sont majoritairement satisfaits (61 % contre 31 % estimant qu'on ne leur donne pas assez d'informations).

Une fréquentation de l'hôpital accrue

Leur fréquentation des établissements de santé a été plus forte depuis 2014 : 66 % sont allés en hôpital public versus 60 % en 2014. 64 % ont fréquenté les urgences hospitalières contre 56 % en 2014. 45 % ont eu recours à des cliniques privées (contre 40 % en 2014) et 28 % à des maternités (20 % en 2014). S'ils étaient hospitalisés, six Français sur 10 estiment que les frais qu'ils auraient à payer après remboursement seraient plutôt faibles ou totalement remboursés. Plus de huit sondés sur dix font l'éloge de notre système de Sécu qui peut servir de modèle à d'autres pays. D'ailleurs, selon plus de 7 Français sur 10, le niveau de protection est suffisant. Ils sont même neuf sondés sur dix à plébisciter le caractère public de notre système d'assurance maladie et de retraite.

Un reste à charge encore trop élevé

Pourtant, pour six Français sur dix, le reste à charge demeure trop élevé (versus 30 % qui sont d'un avis contraire). Selon 57 % d'entre eux le système de Sécurité sociale coûte trop cher. Pour 41 % d'entre eux, il est même nécessaire de prendre des mesures pour réduire le déficit de la Sécu.

Cette contradiction témoigne de l'ambiguïté des Français à savoir s'il faut ou pas réduire les dépenses de santé. Selon 82 % d'entre eux, celles-ci sont trop élevées car le système de santé n'est pas bien géré. D'un autre côté, ils sont 67 % à croire qu'il n'y a pas de raison de limiter les dépenses, la santé n'ayant pas de prix. La même proportion adhère à l'idée que dans un pays développé, il est normal que l'on dépense de plus en plus pour la santé. Aussi 62 % disent qu'il est normal de consacrer le tiers du revenu national au financement de la protection sociale. Seuls 31 % d'entre eux considère que la solidarité est avant tout l'affaire des individus et des familles (versus 60 % l'affaire de l'Etat).

"Réduire le déficit oui, mais pas avec mon porte-monnaie"

Quelle est leur opinion sur les mesures à prendre pour réduire le déficit ? 84 % sont favorables à la limitation des tarifs des professionnels de santé et 78 % à une plus forte taxation des industries du médicament. D'ailleurs 81 % ne voient pas d'un bon oeil la pratique des dépassements d'honoraires. Un des remèdes possibles pour sept Français sur dix est la délégation de certaines tâches des médecins vers les pharmaciens et les infirmiers.  Pour une proportion presque identique, il faut modifier les habitudes des médecins pour qu'ils prescrivent moins de médicaments et d'examens.  Mais pour autant les Français rechignent à participer à l'effort collectif : 58 % ne souhaitent pas de limite au remboursement de la Sécu pour certaines prestations (11 points de plus versus 2011). 76 % d'entre eux refusent une hausse des cotisations (à peine un quart y sont favorables). Et surtout ils sont une majorité (86 %) à vouloir maintenir la prise en charge intégrale des ALD, un quart d'entre eux s'estimant être en affection de longue durée.

Source : Decision-sante.com

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