Brève

Daniel Caille, PDG de VivaltoLe dompteur

Gilles Noussenbaum
| 08.11.2018
  • Daniel Caille

L'œil bleu, irradiant, n'a rien perdu de son pouvoir de séduction même un jour de défaite en octobre dernier. Huit jours plus tôt, les dirigeants de Capio avaient accepté l'offre de reprise globale de Ramsay Générale de Santé. Vivalto Santé présidé par Daniel Caille ne reprendra donc pas la filiale française du suédois Capio. « Nous perdons trois ans dans notre développement », lâche Daniel Caille. L'homme ne serait donc pas devenu le parrain de l'hospitalisation privée à l'origine de toutes ses mutations. Il en est toutefois sans discussion le père fondateur. L'histoire commence au mitan des années quatre-vingt. Brillant élève, jeune diplômé de l'Ecole polytechnique et de l'École des mines, il est déjà en avance sur son temps. Et s'engage dans une cause qui paraît alors marginale, l'environnement. Il entre à l'Agence de l'eau où il est rapidement débauché par la Générale des eaux pour y créer une division consacrée à la recherche. Fleuron du capitalisme français, l'entreprise gère les délégations de service public. Pourquoi ne pas s'intéresser à la santé et optimiser la gestion des hôpitaux publics ?, souffle son patron Guy Dejouany. Très rapidement, Daniel Caille relève l'impossibilité pour une structure privée d'assurer la gestion d'hôpitaux publics. Les cliniques privées en revanche sont très atomisées, repliées sur un patrimoine familial, peu adaptées à affronter les tempêtes annoncées. Il y a là une opportunité unique de créer un nouveau métier. Commence l'aventure mouvementée de la Générale de santé qui connaîtra plusieurs propriétaires. Quant à Daniel Caille, le courant du capitalisme financier l'emporte dans le fleuve Vivendi, époque Jean-Marie Messier. La rupture sera mémorable. Daniel Caille se met au service de l'État. Et devient le numéro 2 de la Poste dirigé par Martin Vial avec la charge de créer la Banque postale. On lui proposera même de prendre un moment la présidence de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Le choc des cultures aurait été mémorable. Mais à un certain moment « j'en ai eu ras-le-bol du capitalisme anglo-saxon dominé par la finance. Je me suis mis à mon compte avec cet idée forte. On ne peut gérer une clinique sans l'aval des médecins» Résultat, le corps médical détient 35 % du capital de Vivalto. La reprise de la clinique Saint-Grégoire à Rennes aujourd'hui classée première clinique de France dans le palmarès du Point constitue la première marche de l’histoire récente de groupe. Daniel Caille serait-il devenu pour autant un dangereux gauchiste épris de valeurs immatérielles ? Certes il a obtenu le bac en 68. Dans son bureau du patron de Vivalto, on y trouve des objets témoignant de l’influence d'une philosophie bouddhique, loin des loups de Wall Street. Cette sagesse orientale mâtinée de philosophie grecque permettra sans nul doute de panser les plaies de cet épisode où Daniel, le dompteur, plongé dans la fosse aux lions, n'aura pas cette fois gagné son combat. Dieu sait pourtant que cette bataille perdue ne signe pas la fin de l'histoire.

Source : Decision-sante.com

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