Brève

Recherche clinique en France: le déclin en pente douce

Gilles Noussenbaum
| 06.12.2018
  • recherche

La France désormais pointe à la quatrième place au sein de la zone Europe avec une part de marché de 12 % des essais cliniques mondiaux, selon les résultats de la neuvième enquête menée entre 2015 et 2017 à l'initiative du Leem Attractivité de la France pour la recherche clinique. Elle est devancée par l'Espagne qui occupe la troisième place du podium. Cette position médiocre s'explique par une chute de 13% par an en moyenne du nombre de nouveaux essais industriels initiés en France. Elle a été limitée à -8% en Allemagne et -2% en Espagne. 

Sur le segment stratégique des essais précoces, ceux de phase 1, l'Hexagone est encore moins performant. La France capte ainsi 6% de ce type d'essais loin derrière le Royaume-Uni (12%) et l'Allemagne (10%). 

En revanche, l'oncologie et les maladies rares sont des places fortes. La France participe à 19% des essais initiés dans le monde. 45% des essais industriels réalisés sur le territoire relèvent de cette spécialité. Avec 14% des essais réalisés, les maladies rares sont largement représentés dans l'Hexagone. Coïncidence, ces deux groupes de pathologies ont bénéficié de plans dédiés reconduits au fil des années. Ce qui s'est traduit par la structuration de la recherche. Ces chiffres doivent être comparés avec ceux observés dans les maladies métaboliques et nutritionnelles, les maladies du système digestif, les maladies musculaires, des os et du cartilage ou celle de l'appareil urogénital où la France est absente du top 5 européen. 

Un sursault est toutefois attendu dans les prochaines années. L'ANSM mais aussi la Direction générale de la santé se sont mobilisées ces derniers mois pour raccourcir les délais de réponse. Le Conseil stratégique des industries de santé l'a érigé comme une des priorités. L'une des quatre priorités du Leem serait en passe d'être réalisée.

Pour les trois autres, augmenter l'inclusion des patients et la fiabilité des centres investigateurs, disposer d'un réseau de compétences multiples ou intégrer l'utilisation des données dans le parcours recherche exige la participation d'autres acteurs comme la mobilisation de l'ensemble des grands centres hospitaliers. Les directeurs n'affichent pas tous la même implication qu'Alexander Eggermont à l'origine de la création du département des essais précoces à l'Institut Gustave-Roussy (Villejuif, 94). Cette disparité est également observée au sein des associations de patients. Des rencontres menées avec France Assos Santé auraient toutefois permis d'avancer sur ce terrain.    

Source : Decision-sante.com

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