Brève

Grève aux urgences de l'AP-HP à partir du dimanche 14 avril

Arnaud Janin
| 11.04.2019
  • Urgences

Ca bouge aux urgences de l'AP-HP. Depuis que deux syndicats ont lancé un mouvement de grève à partir du dimanche 14 avril dans les services d'accueils des urgences, la direction de l'établissement a aussitôt débloqué « 45 emplois supplémentaires qui pourront être répartis en fonction des besoins »L'affaire Lariboisière avec le décès d'une patiente âgée sur un brancard est dans toutes les têtes. Sur France Culture, il y a deux semaines, Martin Hirsch avait déploré de ne pas avoir réussi à endiguer le flot de passages aux urgences. Celui-ci a progressé de 3,1 % sur les dix-sept services adultes et de 2,6 % dans leur huit pendants pédiatriques, alors que le taux d'hospitalisation des hôpitaux parisiens est resté stable (respectivement 20 et 10 %). Pis, le temps d'attente dans les services d'urgences adultes (durée de passage médiane des non-admis) est en moyenne de 3H18 à l'AP-HP, en progression de 21 minutes en 2018 par rapport à 2015. Avec comme points noirs Bicêtre (4H39, + 66 minutes), Henri-Mondor -4H27, + 35 minutes), Tenon (4H25 + 20 minutes)... Côté urgences pédiatriques, la moyenne sur l'ensemble du réseau francilien se stabilise à 1H47.

Comme solutions, Martin Hirsch affirme sa « volonté de renforcer la sécurité de l'ensemble des sites pour éviter la reproduction d'agressions » et assure que « des moyens ont été dégagés pour (...) assurer une présence continue sur tous les sites le nécessitant ». Pour les rémunérations, il évoque la possibilité d'une « réponse tangible aux difficultés qu'ont connues les équipes des urgences au cours des derniers mois ». Peut-être sera-t-on en mesure de comprendre prochainement ce qu'il entend par là. Est-il déjà en pourparlers avec les syndicats sur ce sujet ?

Côté syndicats, réunis dans le cadre d'un collectif Inter-urgences qui s'est déjà réuni deux fois, on retrouve Sud Santé et la CGT Usap. Le premier a annoncé le dépôt de nouveaux préavis à partir du 14 avril pour quatre établissements parisiens (Lariboisière, Pitié-Salpêtrière, Saint-Louis, Tenon) : il réclame « la création de postes paramédicaux, des locaux sécurisés et une augmentation de salaire de 300 euros net ». Le deuxième dénonce « les agressions subies par nos collègues de Saint-Antoine qui font exploser la colère, sans oublier la désertification médicale de certains arrondissements couplée à la précarisation de la population ». Il revendique « les moyens nécessaires avec une rémunération à la hauteur des compétences et des diplômes des professionnels paramédicaux ».

 

Source : Decision-sante.com

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