Brève

CH de Lons-le-SaunierAprès les réquisitions, la direction de l'hôpital propose des mesures en faveur des urgences

Arnaud Janin
| 06.06.2019
  • Urgences

Même la ministre de la Santé Agnès Buzyn qui vient de proposer un plan en faveur des urgences a pris ses distances avec ce type de recours à la gendarmerie pour réquisitionner les soignants et les médecins du CH de Lons-le-Saunier (Jura) en pleine nuit à leur domicile. Ces derniers subissent en effet des réquisitions préfectorales depuis le 29 mai dernier. Les personnels ne se contentent plus de se mettre en grève, ils prennent des arrêts maladie, démarche qui avait suscité la réprobation d'Agnès Buzyn pour qui cela revient à « dévoyer ce qu'est un arrêt maladie ».

Trois infirmières au lieu de six dans le service

Sur le terrain, la situation est très tendue. Le Dr Eric Loupiac, médecin aux urgences du CH et délégué Amuf, les personnels sont en train de craquer : « Cette nuit j'ai tenu l'infirmière à bout de bras parce qu'il y avait trois infirmières dans le service au lieu de six normalement. À six, c'est déjà tendu, alors vous pouvez vous imaginer ce que c'est à trois. » Et de réclamer des négociations autour des conditions de travail au niveau national. Cette affaire a scandalisé le monde de la santé. D'abord le syndicat Jeunes médecins a déposé plainte contre X pour dénoncer la situation alarmante des urgences de Lons-le-Saunier : « Les tensions évoquées par les soignants du service, en manque d'effectifs, semblent mettre en péril les usagers, mais aussi les professionnels de santé, dont des jeunes professionnels encore en formation », s'inquiète le syndicat. Ce dernier redoute le maintien de deux événements sportifs (traversée du Jura à vélo et course de moto-cross) à fort potentiel accidentiel, qui risque de provoquer un afflux de patients aux urgences, déjà « victimes d'une situation catastrophique ». Un témoignage d'un interne exténué raconte dans le Quotidien du médecin l'enfer vécu fin mai par un interne de l'établissement de Lons-le-Saunier, avec deux praticiens seniors sur trois en arrêt, qui a assisté à une réelle mise en danger de la vie des patients. Autre réaction, le Conseil national de l'ordre des médecins est monté au créneau. À propos des réquisitions, « ces astreintes, pas plus que l'aggravation des amplitudes d'horaires de travail des personnels ne sont une solution à la crise majeure que traversent les services d'urgences...» Et de demander une concertation d'urgence entre tous les acteurs...

Un plan de mesures en préparation

En réponse à la situation de l'établissement, le directeur général de l’ARS Bourgogne-Franche-Comté, Pierre Pribile, explique à la rédaction de Décision Santé avoir rencontré le personnel de l'hôpital et sa direction ainsi que les professionnels de santé des urgences mardi dernier. Un schéma complet de réorganisation de ce service et des SMUR a été ensuite présenté par la direction de l’hôpital. « Ce projet est de nature à dépasser les principaux points de contestation actuels », argumente l'ARS. Des mesures ont été exposées en direction du personnel du service. Elles seront soumises dans les jours qui viennent aux instances internes de l’établissement avant toute présentation publique.

 

 

 

Source : Decision-sante.com

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