Brève

Oncologie, une stratégie toujours à risque pour les laboratoires

Gilles Noussenbaum
| 06.06.2019
  • recherche

Une recherche foisonnante, éclatée et des résultats encore en attente; ce n'est pas le bilan de la dernière édition de l'Asco, quoique, mais celui dressé dans le Global Oncology Trends 2019 par l'IQVA institute. En 2018, 711 laboratoires et start-up étaient investis dans la découverte de nouveaux traitements contre le cancer, soit un record jamais atteint. Mais combien d'entre eux seront encore présents sur le champ de bataille dans les prochaines années? Le développement de nouvelles molécules se révèle toujours une aventure à haut risque. D'autant qu'environ 500 laboratoires misent toute leur énergie sur la recherche dans le cancer. A l'arrivée, le taux de succès traduit par des études cliniques positives, a fléchi en 2018 à 8%. Il avait atteint 11,7% en 2017. Autre obstacle, la durée des essais cliniques est plus longue en oncologie, comparée aux autres spécialités même si l'on note dans ce domaine un léger fléchissement. Dans la course contre la montre pour arriver le premier sur le marché, au cours des cinq dernières années, la durée des essais s'est contractée de sept mois dans les études de phase 1, onze dans celles de phase II et plus d'un an dans celles de phase III. Même si la productivité des essais est donc en hausse, elle serait toujours inférieure à celle observée dans les autres aires thérapeutiques. En revanche, l'oncologie se distingue par le recours massif aux biomarqueurs dans les études. Cette spécificité majeure participe à l'essor de la médecine de précision. Actuellement, ils sont inclus dans 39% des essais cliniques. Ce taux était seulement de 25% en 2010. Cette place majeure des biomarqueurs devrait contribuer à une forte hausse de la productivité des essais cliniques attendue selon les experts de l'IQVA en 2023 de 71%. 

En attendant, en 2018, 15 nouvelles susbtances actives contre le cancer et une dans les soins de support ont été mis sur le marché aux Etats-Unis soit un nouveau record. Cette accélération traduit le changement de doctrine qui s'est opéré au sein de la FDA dans les dernières années. Six de ces nouveaux traitements ont obtenu une autorisation de mise sur le marché uniquement grâce à des essais de phase I et II. Trois nouvelles immunothérapies ont également été mises à disposition des patients américains. Certaines d'entre elles reposent sur des nouveaux mécanismes d'action différents donc du check-point. Enfin, une tendance de fond se confirme, à savoir la montée en puissance des thérapies orales. Dix nouveaux produits relèvent d'une administration per os. Ce qui devrait avoir des conséquences sur l'organisation hospitalière. 

Source : Decision-sante.com

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