Brève

Débat bioéthiqueGeneviève Delaisi de Parsevall, psychanalyste : « Un millier de jeunes gens passent leur vie sur Internet à chercher leur donneur d'hérédité »

Arnaud Janin
| 29.08.2019

Geneviève Delaisi de Parsevall est une figure du combat en faveur de la PMA. Invitée par l'Assemblée nationale le 29 août lors des débats dans le cadre de la loi de bioéthique, la psychanalyste rappelle l'historique du déni institutionnel autour de l'anonymat des dons de gamètes.

  • bioéthique

Selon Jean-Louis Touraine, 70 à 80 % des enfants nés d'un don de gamètes l'ignoreraient. Le député LREM intervient après la prestation de la psychanalyste Delaisi de Parsevall : « Je me réjouis grâce à cette future loi de la levée de l'anonymat des donneurs de gamètes inscrit dans l'article 3 de la future loi de bioéthique. Auparavant, les donneurs étaient totalement anonymes et dans ce projet, ils ne le seront plus du tout dans la mesure où à la majorité de l'enfant conçu grâce à lui, ce dernier pourra avoir accès à son identité complète. » Et de pointer les nombreux pays qui ont déjà légiféré sur cette autorisation. En termes psychanalytiques, selon cette experte, un mécanisme intéressant s'est joué dans les institutions qui ont tout fait pour chercher à rassurer les parents receveurs. Au début, dans les premières années des Cecos, il y avait un déni total, même de la participation des donneurs de gamètes. « Ce don était quasiment anodin et assimilé presque à un don de sang », souligne-t-elle. Ensuite, les Cecos ont continué sur cette voie de la dénégation, en pointant auprès des parents receveurs le caractère éternel de l'anonymat de ce don.

Accès aux origines ?

Mais le temps depuis lors a passé. Et les enfants nés de la sorte ont grandi. Quelques centaines d'entre eux se sont constitués en association et ont réclamé l'accès à leurs origines à leur majorité. « Ils voulaient connaître le donneur d'hérédité qui fait partie de leur histoire mais qui n'est pas leur père », argumente la psychanalyste.

Systématisation des tests génétiques

La donne a encore changé depuis la systématisation des tests génétiques. Geneviève Delaisi de Parsevall s'inquiète de « ce recours complètement fou à ces tests. Un millier de jeunes gens passent leur vie sur Internet à chercher leur donneur d'hérédité. » Pour l'instant, selon l'association Procréation Médicalement Anonyme, une quinzaine de jeunes gens seulement auraient trouvé l'identité de leur donneur. Et les « retrouvailles » se sont plutôt bien passées. Autre point pour lequel la psychanalyste se réjouit, la levée de l'anonymat des ovocytes permettra à toutes les femmes qui pratiquent des FIV de le faire désormais sur le territoire français.

Source : Decision-sante.com

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