Brève

Jérémie Sécher (SMPS) : « Il faut une réponse concrète à l'urgence des situations »

Gilles Noussenbaum
| 10.10.2019
  • SMPS

Le SMPS s'ouvre désormais aux médecins. S'agit-il d'une révolution ?

En fait nos statuts depuis plusieurs années nous permettent d'accueillir des médecins en situation de management. De plus il est apparu au cours des dernières années et notamment avec le Groupe des 26 que nous partagions des sujets communs avec tous les professionnels de santé et notamment les médecins. L'un des enjeux principaux pour optimiser la qualité de vie au travail repose sur une professionnalisation du management à l'hôpital et notamment médical. Par ailleurs, nous avons été contactés par des organisations syndicales, professionnelles qui partagent cette vision. À partir de cet état des lieux, quelques médecins ont déjà adhéré au SMPS à titre individuel. Nous envisageons également de créer une catégorie de médecins-managers afin de disposer d'une représentation visible au sein de nos instances. Enfin, des partenariats avec des organisations professionnelles médicales sont en réflexion. Il y a bien là trois étages de la fusée.

Serait-il plus simple aujourd'hui de nouer le dialogue avec les médecins qu'avec les autres syndicats de directeurs d'hôpitaux ?

Nous avons des points de convergence mais aussi des nuances d'appréciation avec les autres organisations syndicales. Pour autant, sur le champ de la réforme de haute fonction publique et sur beaucoup d’autres sujets, nous avons la même analyse que la majorité des organisations de directeurs d’hôpital. Rien dans ce domaine n'est inenvisageable.       

Vous avez adopté un ton grave lors de votre discours d'ouverture au congrès. Le SMPS adopterait-il une stratégie de rupture avec les pouvoirs publics ?

Nous sommes une organisation responsable qui a toujours accompagné les réformes. Le ton que j'ai employé certes était grave parce que l'heure est grave. Les crises se succèdent à l'hôpital et dans les Ehpad. Même si nous souscrivons aux orientations portées par la ministre de la Santé, il n'y a pas de réponse concrète à l'urgence des situations. Et le malaise grandit. Nous avons pourtant avancé un grand nombre de propositions, certaines très concrètes. Pour autant, les modalités de concertation ne permettent ni d'être entendues lorsque l'on est écouté, ni de voir prises en compte les préconisations des professionnels de terrain. Par ailleurs, même si l'on souscrit à certaines orientations nationales, on n'observe aucune simplification du système qui meurt peu à peu d'être trop cloisonné, suradministré.

Mais peut-on faire évoluer le système de santé si l'enveloppe dédiée n'augmente pas en proportion des évolutions nécessaires ?

Il y a clairement un sujet d'enveloppe. Mais ce n'est pas le seul. Je souscris par exemple à l'idée de l'existence de marges de manœuvre dans la recherche de pertinence dans les prises en charge. Nous dépensons trop dans certains établissements ou certains territoires sans avoir en face une meilleure qualité de prise en charge. Si l'on finance un système axé sur une prise en charge juste avec des établissements repositionnés sur des cœurs de mission répondant aux besoins des territoires, on arrivera à dégager de nouvelles ressources. Il y a enfin des marges de manœuvre au niveau des territoires et entre les acteurs qui sont mis en concurrence au lieu de coopérer en lien avec la T2A, avec le système d'autorisation ou des modes de régulations régionaux inadaptés. Au-delà des sujets financiers de revalorisation, une vraie préoccupation pour notre organisation, nous observons un vrai déficit d'attractivité au sein de toutes les professions hospitalières, y compris les cadres et directeurs. Ce qui se traduit par une fuite des talents. Qui va s’occuper demain des patients et résidents si les meilleurs des médecins, des soignants et des directeurs quittent le navire ? À ce jour, les pouvoirs publics n'apportent pas de réponse alors que le problème est soulevé depuis plusieurs années. L'attractivité est-elle toujours une priorité pour les pouvoirs publics ? On construit aujourd'hui des mécaniques territoriales qui peuvent avoir du sens. Mais qui demain va pouvoir les faire vivre ?

Pourquoi faut-il simplifier le statut des professionnels à l'hôpital public ?

Il y a désormais un consensus pour valoriser ceux qui s'investissent et tirer les conséquences pour ceux qui n'ont pas la même attitude. Or le statut ne permet pas de le faire. Seule est prise en compte l'ancienneté. On nous répond par le recrutement de contractuels. Or l'expérience montre qu'ils ne sont pas intéressés. Ne pourrait-on pas sur la base du volontariat d'hôpitaux ou de GHT envisager des évolutions des règles de fonctionnement plus souple ? Nous proposons dans ce cadre une réflexion sur le statut des professionnels et des établissements. Et de mener des expérimentations afin d'innover. Mais le système est ainsi fait que la technostructure ne permet pas de généraliser les expérimentations. L'une des solutions serait de redonner des marges de manœuvre aux ARS en les recentrant sur leur mission de régulation, en leur suggérant de collaborer davantage avec les collectivités territoriales et notamment les conseils régionaux, en créant des objectifs régionaux de dépenses d'assurance maladie. Au lieu de cela, Nous faisons face à des pyramides administratives. Les Français ont le droit de savoir où aller lorsqu'ils font face à un problème de santé, et d'être partie prenante dans la co-construction du parcours dans le cas d'une maladie chronique. Force est de constater que l'organisation actuelle ne leur permet pas d'accéder pleinement à ces informations et ces choix. Vous allez me le dire, cela fait des années qu'on le dit et que rien ne se passe. Cela n'est pas vrai. Des territoires ont mené des projets très innovants en proximité. Simplement, les conditions doivent être réunies afin de les généraliser dans le plus grand nombre possible de territoires.  

 

Source : Decision-sante.com

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