Brève

Crise à l'hôpitalPlus de 1 200 chefs de services démissionnent de leurs fonctions d'encadrement

Arnaud Janin
| 16.01.2020
  • hôpital

Un cran supplémentaire dans la crise de l'hôpital… Plus de 1 200 chefs de service hospitaliers ont envoyé une lettre à la ministre de la Santé, selon le journal Libération. Ils dénoncent l'insuffisance des mesures prises par le Gouvernement en faveur de l'hôpital, et réclament la tenue d'un Grenelle de la santé. Les signataires réclament un plan national incluant trois revendications essentielles. Premièrement, ils attendent en plus des primes déjà annoncées « une revalorisation significative des salaires ». Ensuite, les hospitaliers souhaitent la fin des économies, soit 600 millions d'euros de plus dans l'Ondam prévu et en plus des 200 millions déjà prévus par le plan hôpital. Enfin, les signataires se plaignent que la pratique de la T2A se poursuit alors que « la dictature [de ce mode de financement] devait cesser ».

Couper les ponts avec l'administration

Les assignations diminuant la pression de la grève, ces démissions seront presque indolores. « Nous continuons à soigner nos patients mais nous coupons les ponts avec l’administration », explique Jean-Luc Jouve, chef de service de l’orthopédie pédiatrique à l’hôpital de la Timone, à Marseille, interviewé par Mediapart. « On ne veut plus passer notre temps à gérer le manque de moyens », renchérit Stéphane Dauger, chef du service de réanimation pédiatrique à l’hôpital Robert-Debré, à Paris. Concrètement, ils cessent de « s’occuper des problèmes de personnels, des tâches administratives, de monter des projets de service, de participer aux réunions avec la direction », énumère le professeur Jouve.

Menaces

La réponse de la ministre ne va sans doute pas encore satisfaire les hospitaliers. Car sur France Info, elle s'est contentée d'insister sur les initiatives déjà prises : « Nous avons un calendrier. Pour la première fois depuis dix ans, les actes médicaux hospitaliers vont être revalorisés. » La tension ne fait que s'accentuer. Des menaces pèsent sur les chefs de service. Ceux de l'AP-HP ont été mis en garde par leur patron Martin Hirsch, lorsqu’ils ont commencé la grève du codage – certains services ne codent plus les actes médicaux depuis cet automne. Martin Hirsch avait prévenu tous les médecins de l’AP-HP par mail : cette grève aura des « conséquences immédiates sur [les] recettes de l’année » et pourra se traduire par « des mesures d’économies » supplémentaires. À quand la fin des hostilités ?

Source : Decision-sante.com

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