Brève

Affaire Mediator, l'Agence du médicament reconnaît sa responsabilité, mais pas sa faute

Arnaud Janin
| 30.01.2020
  • Mediator

« L'Agence pour bien fonctionner, pour continuer sa mission de protection des patients, se doit de reconnaître sa part de responsabilité dans le drame », a expliqué Dominique Martin, DG de l'ANSM à la barre du tribunal correctionnel mercredi 29 janvier. Ce haut fonctionnaire a été nommé en 2014 bien après que le Mediator a été retiré du marché en 2009. L'alors Agence du médicament, l'Afssaps a été remplacée en 2012 par l'ANSM, en raison de ce scandale en ne suspendant pas dès 1999 la commercialisation de ce coupe-faim. Le DG évoque « une négligence, c'est une évidence, un ratage, un échec, mais pas une faute ». Rappelons que l’Agence du médicament qui est jugée pour homicides et blessures involontaires entre 1995 et 2009 ne demandera pas la relaxe. Plusieurs alertes, poursuit Dominique Martin, auraient dû pousser l'Agence à prendre « la seule décision rationnelle, la suspension du médicament ». Selon lui, cette dernière « était en pleine réorganisation, mais n'était pas en faillite générale ». Alors que deux anorexigènes du groupe Servier, l'Isoméride et le Pondéral, avaient déjà été retirés en 1997, le Mediator était sous enquête. Malgré tous ces signaux, « il n'y a pas eu d'analyse critique ». « On a raté cette étape fondamentale et à partir de 2000, il y a une sorte de deuxième vie du Mediator. La question du risque passe au second plan. Et le paradoxe tragique est que la majeure partie des victimes ont été exposées après 1999 », regrette Dominique Martin. Pour autant, ce dernier n'admet pas que les autorités sanitaires étaient alors « sous l'influence des industriels en général et de Servier en particulier ». Quant à la défense du laboratoire Servier, elle rappelle que parmi tous les anciens directeurs de l'Agence du médicament cités comme témoins, ils ont bien parlé « de rendez-vous manqués », mais n'ont pas reconnu de faute. Dominique Martin leur répond : « Beaucoup de directeurs n'étaient pas saisis du sujet du Mediator, le laboratoire a aussi sa responsabilité ». Au cours de ce procès-fleuve, déjà fin novembre dernier, le président de l'Agence de 2004 à 2009, Jean Marinbert, était allé dans le même sens en évoquant à la barre « une série de dysfonctionnements et une grande faiblesse de la pharmacovigilance ». Responsables mais pas coupables ?

Source : Decision-sante.com

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