Brève

Corinne Torre, MSF : « En matière de tests : les moyens qui nous sont fournis ne sont pas à la hauteur de l’enjeu »

Arnaud Janin
| 24.03.2020

Ce 24 mars, le camp d'Aubervilliers a été évacué. Plus de 700 exilés pour l'essentiel des hommes originaires originaires d'Afghanistan et d’Afrique de l’Est ont été rapatriés dans des gymnases et hôtels. Médecins sans frontières (MSF) a été appelée à la rescousse pour identifier les personnes présentant des symptômes, afin de les isoler. Entretien avec Corinne Torre, cheffe de mission France (MSF).

  • Covid-19

Quel a été le rôle de MSF dans l'évacuation du camp d'Aubervilliers qui a lieu ce matin ?

Lorsque le camp d'Aubervilliers a été évacué ce matin, les 700 personnes environ qui s'y trouvaient ont été mises à l'abri dans des gymnases et hôtels (6 endroits en tout) à Paris et dans le 93. À la demande de l'agence régionale de santé, Médecins sans frontières a mis à disposition des équipes médicales à l'entrée de chaque centre pour le triage et l'isolement de ces personnes. Nous avons fait le point avec elles pour savoir si elles présentaient les symptômes du coronavirus (fièvre, toux, courbatures…). L'objectif était de placer les personnes qui présentaient des symptômes contaminées en isolement pour éviter les contaminations.

Comment s'est déroulé le "triage" de ces personnes ?

Clairement, c'est une bonne chose d'avoir démantelé ce camp complètement insalubre. Alors qu'il existait depuis deux mois, cela faisait seulement deux jours que l'eau et les toilettes y avaient été installées. Toutefois, les lieux de confinement ont été placés au sein même de ces gymnases. Ce qui n'est pas satisfaisant en termes de solutions pérennes d'hébergement et surtout de garantie de la sécurité sanitaire, d’autant plus en période d’épidémie. Comment confiner 100 personnes dans un même lieu (un gymnase) sur des lits de camp ?  ? C’est aussi une solution très précaire en termes d'intimité et de promiscuité.

Est-il facile d'identifier les personnes contaminées par le virus ?

Non, car nous ne disposons pas de suffisamment de tests. Les recommandations préconisent de tester les trois premières personnes qui présentent des symptômes pour chaque lieu d'hébergement collectif, l'objectif étant de chercher à identifier un cluster de cas potentiel. Sur les six lieux d'accueil, nous n'avons bénéficié que de 5 tests, alors qu’il en aurait fallu 18.

 

 

Source : Decision-sante.com

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