Brève

Dr Laurent Heyer, SNPHARE : « Création de réa éphémère plutôt que de nouveaux lits »

07.05.2020
  • Covid-19

Nous disposions d’un peu plus de 5 000 lits en réanimation. Mais l’analyse doit être plus fine sur la question de l’offre de soin critique qui comprend les lits de réanimation, les lits de soin intensifs et les lits de soins continus. Ces types de lit répondent à des normes très précises. On recense 7 000 lits environ de soins intensifs et 8 000 lits de soins continus. L’ouverture de lits de réanimation est soumise à des normes strictes, nationales ; le dispositif est différent pour les lits en soins continus soumis à un régime contractuel, local, de gré à gré entre l’établissement et l’ARS. Lorsqu’ils sont implantés dans des espaces architecturaux bien conçus, en cas d’urgence ces lits peuvent être redéployés rapidement en lits de réanimation. Le facteur limitant est toutefois la disponibilité des équipes médicales et paramédicales. Un infirmier est exigé pour 2,5 patients en réanimation, 4 à 5 patients en soins continus.

Le large différentiel avec l’Allemagne s’explique parce que de l’autre côté du Rhin, on inclut tous les lits depuis ceux de réanimation jusqu’aux soins continus. Surtout la prise en charge en Allemagne s’explique par le temps supplémentaire dont ont bénéficié les autorités sanitaires pour armer les lits en soins continus et soins intensifs en lits de réanimation.

En France, cette opération a été mise en œuvre à partir de l’instauration du plan blanc en y ajoutant les lits de salle de réveil. L’élément clé de ce redéploiement est le recours au matériel disponible comme les respirateurs, repéré par un grand nombre d’observateurs. Autre obstacle que nous dénonçons depuis longtemps, un certain nombre de lits étiquetés « soins intensifs et soins continus » sont dispersés dans des endroits improbables, éloignés des plateaux techniques. On ne peut alors les redéployer en lits de réanimation. Le classement en soin continu permet de récupérer des forfaits. Les soins intensifs sont rattachés pour l’essentiel à des services de cardiologie, mais aussi en neurologie et en hématologie. On comprend bien que ces lits en hématologie ne sont pas aisément transformables en lits de réanimation. La crise a révélé cette situation où il a fallu complètement armer des salles de réveil et des blocs opératoires pour les transformer en lits de réanimation. À l’avenir, les lits de soins continus ne devraient plus être isolés mais devraient être regroupés en unités opérationnelles avec des équipes soignantes pérennes et rapprochées des plateaux techniques en lien avec les réanimations. Il ne faudrait pas toujours maintenir des lits classés « soins critiques » alors qu’ils n’en respectent pas toutes les conditions techniques. On les trouve aussi bien à l’hôpital public que dans les cliniques. Une réponse possible serait la création de réanimation éphémère en fonction des besoins associés à la formation de personnels.

Au final, il n’est pas nécessaire d’augmenter le nombre de lits, en l’absence de pics épidémiques. La structuration en filière territoriale, la coordination a rééquilibré l’offre. Elle s’opère au niveau de la région et non pas au niveau du territoire d’un GHT. Ce travail a été réalisé par les professionnels de santé et pas par les administrations. Certaines ARS ont joué le jeu. D’autres ont été débordées. En l’absence de structures aptes à être subgradées en réanimation, les patients étaient transférés dans un autre hôpital. À l’avenir, les lits autorisés, référencés devront être armés correctement.

 

 

Source : Decision-sante.com

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