Brève

Semaine du GalienTalks scientifiques, tout savoir (ou presque) sur la Covid-19

Gilles Noussenbaum
| 17.12.2020
  • prix Galien

En 2020, le Sars-CoV-2 aura tué davantage de patients dans le monde que le Sida. Selon les chiffres rappelés par le Pr Frédéric Tangy, responsable du laboratoire de génomique virale et vaccination, directeur de recherche CNRS et Institut Pasteur, on recense 700 000 morts chaque année liés au virus HIV. À ce jour, le 17 décembre 2020, l'Université Johns-Hopkins (Baltimore, États-Unis) comptabilise 1 657 736 décès dont 59 472 dans l'Hexagone. Les talks scientifiques animés par le Dr Sylvie Le Gac dans le cadre des Prix Galien 2020, Innovations et Santé, permettent de mesurer en quelques mois le chemin parcouru.

Le Pr Alexandre Mignon, (Hôpital Cochin, AP-HP) rappelle ainsi les succès, la prescription du dexaméthasone, le moindre recours à l'intubation mais aussi les échecs comme le remdesivir ou le tocilizumab, sans parler de la catastrophe hydroxychloroquine. Sur le plan clinique, la phase respiratoire constitue toujours la phase critique, observée chez 15 % des patients. Un pour cent au total décèdent de l'infection liée à la Covid-19. 25 % des patients hospitalisés en réanimation ne survivent pas.

L'atteinte pulmonaire ne résume pas tous les dangers. La survenue de thromboses est souvent à l'origine de décès, comme l'explique le Pr David Smadja (Hôpital Européen Georges Pompidou, AP-HP). Des marqueurs biologiques permettent de repérer comme le taux de D-Dimères les patients à risque. En revanche, les patients anticoagulés au long cours présentent un risque de mortalité diminué. Le dosage de la troponine est également associé aux formes gaves. En revanche, la valeur reste stable. Et n'est donc pas un marqueur d'évolution de la maladie. D'autres paramètres ont également été identifiés comme le facteur Willebrand qui peut prédire la survenue d'un décès.

En dehors de la recherche clinique, l'équipe du Pr Olivier Schwartz, directeur scientifique de l’Institut Pasteur, a mis au point un test en parallèle à la méthode Elisa qui participe à la mise en évidence de la présence du virus.

L'ensemble de ces avancées contribuent à une meilleure prise en charge. Pour autant, le contrôle de la pandémie repose sur une vaccination de masse. La défiance comme l'explique le Pr Laurent-Henri Vignaud, historien, ancien élève de l’École normale supérieure, maître de conférences d’histoire moderne à l’Université de Bourgogne, apparaît en même temps que le premier vaccin contre la variole mis au point par Jenner. Quatre catégories d'arguments de type religieux, se retranchant derrière la nature, invoquant des arguments alter-scientifiques ou politiques sont systématiquement avancées depuis plus de deux siècles.

En France, il faudra attendre 1954 pour assister à la création d'une ligue anti-vaccins. Mais si la France se singularise, c'est d'abord au cours des vingt dernières années par un vaccino-septiscisme très important comparé aux autres pays. Mais cette attitude déclarée n'est pas toujours confirmée dans les faits. En témoigne le taux élevé d'adhésion des Français à la loi de 2018 instaurant les onze vaccins obligatoires. Et si en 2021, contre toute attente les Français se vaccinaient en masse contre la Covid-19 ?

Source : Decision-sante.com

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