Les réactions des acteurs hospitaliers et politiques aux nouvelles mesures sanitaires
Brève

Les réactions des acteurs hospitaliers et politiques aux nouvelles mesures sanitaires

Gilles Noussenbaum
| 01.04.2021
  • Covid-19

« Les nouvelles mesures annoncées par le président de la République vont permettre de limiter la propagation mais risquent malgé tout d'être insuffisantes pour casser la violence de cette troisième vague et infléchir les courbes des entrées en réanimation et des contaminations. Il y a pourtant urgence. [...]. La communauté hospitalière regrette donc qu'un confinement plus strict n'ait pas été retenu. »

Fédération hospitalière de France (FHF).

« Le président de la République, après avoir laissé filer l'épidémie en prenant des demi-mesures depuis des semaines, et après un échec fracassant de la stratégie vaccinale, annonce des mesures strictes tout en demandant des efforts supplémentaires aux personnels soignants. Cela fait plus d'un an que ces professionnels font des efforts ! Tous sont inquiets de la prise en charge sanitaire du pays : l'effort de l'hôpital se fait au prix d'une déprogrammation massive (parfois supérieure à 80 %) des patients, que l'on expose à une perte de chance et à un risque de décès prématuré non négligeable. Ce retard à des décisions, ce sont 300 morts par jour de plus et des morts supplémentaires dans les années à venir, et une fuite toujours croissante des professionnels de santé de l'hôpital public. »

Dr Anne Wernet, présidente du SNPHARE (Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs élargi).

« Le président nous a entendus, on ​a cri​é tellement fort qu'il ne pouvait que nous entendre. Nous allons donc devoir créer des lits après en avoir supprimé. Peut-être allons-nous pouvoir redonner à la France la capacité hospitalière qu'elle devrait avoir. Mais la déprogrammation va nous contraindre à déshabiller Pierre pour habiller Paul. Après l'Ondam hospitalier insuffisant où nous courrions après la dette, nous voici en train de courir après la pénurie.

Trois priorités pour nous :

1. Ne pas vacciner prioritairement les soignants et les enseignants, c'est criminel. Dans mon service, 80 % des personnels veulent se faire vacciner. Si l'on veut garder les hôpitaux et les écoles ouvertes, ces personnels doivent être ultra-prioritaires.

2. Le confinement, cela fait trois mois qu'on le quémande. Mais il arrive trop tard. ​Nous verrons dans une quinzaine de jours ses effets bénéfiques et dans l'intervalle nous allons encore donner le meilleur de nous-même comme depuis déjà plus d'un an. (Nous allons voir dans quelques jours s’il a un impact réel.)

3. Il faut redonner les moyens à l'université pour pouvoir former nos jeunes étudiants en santé en France. Selon l'ONDPS, nous ne retrouverons une stabilité des effectifs médicaux qu'en 2050. »

 

Jean-François Cibien, président d'Action Praticiens Hôpital (APH) et d'Avenir hospitalier.

Antoine de Rivarolle, disciple de Voltaire, jugeant l'aveuglement de la haute noblesse de son temps, disait : "Ils sont toujours en retard d'une année, d'une armée, d'une idée." Monsieur le Premier ministre, vous avez avec le président de la République toujours un temps, une vision et une décision de retard." Il y an, nous étions confinés parce qu'il n'y avait pas assez de masques et de tests. Il y a quatre mois, nous étions confinés car la promesse d'augmenter le nombre de lits de réanimation n'avait pas été tenus. Aujourd'hui, nous sommes à nouveau vaccinés car la vaccination est lente et chaotique. Vous nous aviez promis de vacciner matin, midi et soir. Mais en vérité vous nous confinez printemps, automne et hiver.

Damien Abad, député Les Républicains.

« Ce que nous ne supportons pas, c'est qu'à aucun moment le gouvernement ne fait la moindre autocritique. Nous considérons qu'il a amené les Français dans le mur en klaxonnant. Nous sommes aujourd'hui gérés par des amateurs, parce que les mesures évoquées mercredi auraient dû l'être depuis bien longtemps. »

Patrick Kanner, sénateur socialiste, sur France Info.

« J'ai eu l'impression qu'Emmanuel Macron a voulu hier soir nous faire un poisson d'avril avant l'heure. Il nous raconte qu'il va créer des lits pour les soignants alors qu'en pleine pandémie nos responsables n'ont pas créé de lits, mais au contraire en ont détruit. On imagine bien que la moindre vague risque de passer par dessus l'hôpital. »

François Ruffin, député La France insoumise sur RMC.

« La période d'incertitude sanitaire que nous subissons depuis plus d'un an mérite mieux que l'intervention d'hier d'Emmanuel Macron. Entre deux mea culpa de circonstance, la vague promesse d'un calendrier élastique et l'énumération des conditions de vaccination, le président de la République avait pour l'occasion endossé le costume d'un fonctionnaire d'une ARS. »

Marine Le Pen, député Rassemblement national.

Source : Decision-sante.com

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