Brève

Attention danger à l'AP-HP, les pouvoirs publics ne répondent plus

Publié le 03/10/2019
AP HP

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Crédit photo : GARO/PHANIE

C'est la confusion totale au sein des directeurs de CME des hôpitaux de l'AP-HP, selon un article de Libération paru le 30 septembre dernier. Ceux-ci font état de tensions inédites et mentionnent des nombreux médecins qui quittent le navire. Un exemple emblématique, le Pr Rémy Nizard, chef de service à l'hôpital Saint-Louis à Paris, pour qui « l'AP-HP ne représente que 11 % de la chirurgie orthopédique de l'Ile-de-France ». Et sans mettre en cause volontairement la direction de l'établissement assiste à « la déliquescence d'un système ». Ce chef de service orthopédique ne parvient pas à retenir ses chirurgiens, qui se voient en général payés deux à trois fois plus dans l'établissement voisin. Pis, il pointe « des départs en groupe. C'est inédit. » 

Autre témoignage, celui de la cheffe de service de maxillo-faciale de l'hôpital Tenon, Sophie Perié, pourtant attachée au service public hospitalier. Elle quitte ses fonctions de praticienne hospitalo-universitaire pour rejoindre en janvier 2020 une clinique en cours de construction actuellement qui va comporter 36 blocs opératoires. Là encore, dans sa valise, elle embarque avec elle un autre agrégé de l'hôpital Bichat et une ancienne maître de conférence. Sophie Périé qui ne supporte plus « cette dégradation » déplore le manque de soutien de l'administration qui la « met en porte à faux vis-à-vis de ses patients autour de la sécurité ». « J'ai dû faire des choses qui n'étaient pas conformes à ma pratique », insiste-t-elle.

Le ministère de la Santé pour lequel cette tension est avant tout un problème de ressources humaines, reconnaît cette défaillance. Et pointe le « problème nouveau d'attractivité de l'AP-HP, avec des causes variées selon les disciplines ». Selon le Dr Patrick Pelloux enfin, président de l'Amuf, même les représentants de la CME de l'AP-HP ne sont pas entendus par les pouvoirs publics : « C'est une crise d'identité. Le service public ne sait plus ce qu'il doit faire. »


Source : decision-sante.com