Entretien avec Élisabeth Badinter

« Il faut en finir avec le mythe de la bonne mère, cette exception rarissime »

Publié le 20/03/2010
?Bolo bolo bolo bolo bolo. Déjà du temps d’Hippocrate, mû par une irrésistible envie d’aller voir ailleurs, il se frotte aux malheurs du monde. Et fréquente les princes. Pour les servir, voire se servir. Ce mouvement depuis n’a pas cessé. Entre la médecine et la politique, la liaison peut être dangereuse, voire fatale. Ivan le Terrible en est un exemple probant. Au-delà du principe humanitaire, la médecine peut se transformer en arme de conquête comme lors de la colonisation. Dans ce voyage au long cours, Anne-Marie Moulin* promène le lecteur loin, toujours plus loin, jusqu’au royaume d’Afghanistan, au XIXe siècle. Et nous fait découvrir des aventurières étonnantes, lumineuses comme le Dr Lillias Hamilton. Bénéfice secondaire, ce retour vers le passé une fois de plus éclaire le présent et le « grand jeu » auquel se prêtent aujourd’hui les grandes puissances. Entre le portrait, l’anecdote et la réflexion, ce long parcours dans le temps et l’espace écrit d’une plume élégante et claire transporte le lecteur vers des pays lointains. Avec au final, l’air de rien, une méditation sur le caractère universel de la médecine. Le plus beau métier du monde ?
Décision Santé. Entre l’Infant de Parme, L’histoire d’une éducation au XVIIIe siècle et Le Conflit, on a l’impression que l’histoire se répète. L’éducation d’un côté, la culture ou la raison de l’autre, plient devant l’éternel retour du naturalisme.

Élisabeth Badinter. Si l’idéologie naturaliste a opéré cette percée sur le devant de la scène, c’est à la suite de l’effroyable crise économique que nous traversons. Elle a conduit les femmes à se poser de nouvelles questions.

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