Entretien avec Claude Quétel

« La psy est partout et la folie nulle part »

Publié le 20/12/2010
La folie n’a pas cessé d’interroger la conscience des hommes. Son histoire remonte à l’aube des temps où le mot depuis cultive l’ambivalence entre la morale et la médecine, la philosophie et la psychiatrie. La peinture s’est emparée de cette thématique, en dépit de ses clairs obscurs. Claude Quétel en a sélectionné quelques spécimens pour ce « beau livre », où sont réunis à la fois des chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art et des documents iconographiques sur quelques grands événements de la discipline. Pour autant, il ne s’agit pas d’écrire une histoire sainte à l’aide d’images pieuses, au cours de laquelle un autel serait dressé aux grands hommes. Au contraire, l’historien poursuit son travail de sape déjà entrepris dans son précédent ouvrage2. Il s’agit de dépoussiérer le récit historique des mythes entretenus par des générations de psychiatres sur le geste de Philippe Pinel faisant tomber les chaînes des aliénés. Et de libérer la folie de son histoire réinventée par Michel Foucault dans son célèbre livre. Bref, loin des images d’Épinal, c’est d’abord un livre à lire.
Décision Santé. Comment arrive-t-on à s’intéresser à l’histoire de la psychiatrie tout en occupant pendant plusieurs années les fonctions de directeur scientifique du Mémorial de Caen ?

Claude Quétel. Il faut poser la question à l’envers. Lorsque j’ai intégré le CNRS, la psychiatrie d’emblée était mon domaine de recherche. J’ai ainsi rédigé ma thèse à partir des archives de l’hôpital du Bon Sauveur à Caen qui étaient jusqu’alors inexploitées. Il est vrai que je n’appartiens pas à cette catégorie d’historiens qui creusent toujours le même sillon.

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