Entretien avec Philippe Amiel

« Le sujet n’a jamais la main »

Publié le 25/04/2011
Les malades doivent-ils conquérir un nouveau droit, celui de participer aux essais cliniques ? C’est la thèse défendue par Philippe Amiel dans un ouvrage* historique, juridique et politique autour de l’expérimentation sur l’être humain. Loin d’être un débat ouvert au XXe siècle après la découverte des horreurs nazies, il irrigue un large champ de réflexion menée aux États-Unis et en Allemagne dans les années 1900, notamment après la survenue de scandales sanitaires. En France, le pouvoir des mandarins écartera longtemps de la discussion publique ce type de problématique. Mais le changement était inévitable. Et Philippe Amiel éclaire d’un jour nouveau les coulisses de la loi Huriet-Séresclat votée en 1988. Au-delà de l’histoire récente, l’auteur amène enfin le lecteur vers la réflexion sur la notion d’autonomie déclinée au quotidien. Et il signe, l’air de rien, un manifeste éthique, à distance des consensus mous souvent à l’honneur dans les colloques. Bref, un livre utile et passionnant.
Décision Santé. Cet ouvrage n’est pas seulement un livre d’histoire sur l’expérimentation. C’est aussi un livre de combat.

Philippe Amiel. C’est un livre scientifique qui défend une thèse. J’aborde un sujet qui classiquement fait l’objet d’un large consensus, à savoir l’expérimentation médicale sur l’être humain. Seulement, je prends les choses non pas du seul point de vue des médecins, mais à partir de la position des malades qui réclament de participer à un essai.

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