Entretien avec Joëlle Vailly

« L’enjeu, une vie de qualité »

Publié le 20/05/2011
Chapo à venir ?Les malades doivent-ils conquérir un nouveau droit, celui de participer aux essais cliniques ? C’est la thèse défendue par Philippe Amiel dans un ouvrage historique, juridique et politique autour de l’expérimentation sur l’être humain. Loin d’être un débat ouvert au XXe siècle après la découverte des horreurs nazies, il irrigue un large champ de réflexion menée aux États-Unis et en Allemagne dans les années 1900, notamment après la?survenue de scandales sanitaires. En?France, le pouvoir des mandarins écartera longtemps de la discussion publique ce type de problématique. Mais?le changement était inévitable. Et?Philippe Amiel éclaire d’un jour nouveau les coulisses de la loi Huriet-Séresclat votée en 1988. Au-delà de l’histoire récente, l’auteur amène enfin le?lecteur vers la réflexion sur la notion d’autonomie déclinée au quotidien. Et?il?signe, l’air de rien, un manifeste éthique, à distance des consensus mous souvent à l’honneur dans les colloques. Bref, un livre utile et passionnant.
Décision Santé. Vous évoquez un des paradoxes actuels, à savoir « nous n’avons jamais été en aussi bonne santé. Et pourtant nous n’avons jamais été si anxieux pour notre santé ». Cela ne résume-t-il pas un air du temps ?

Joëlle Vailly. Oui, dans les pays riches, nous sommes de plus en plus soucieux des questions de santé. Précisons d’emblée que ce mouvement de fond ne concerne pas de la même manière toutes les populations de ces pays.

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