Entretien avec Anne Marie Moulin

« Nous ne devons pas manquer la vérité d’où qu’elle vienne »

Publié le 20/02/2010
Étrange voyageur que le médecin. Déjà au temps d’Hippocrate, mu par une irrésistible envie d’aller voir ailleurs, il se frotte aux malheurs du monde. Et fréquente les princes. Pour les servir, voire se servir. Ce mouvement depuis n’a pas cessé. Entre la médecine et la politique, la liaison peut être dangereuse, voire fatale sous Ivan le Terrible par exemple. Au-delà du principe humanitaire, elle peut se transformer en arme de conquête comme au temps de la colonisation. Dans ce voyage au long cours, Anne Marie Moulin* promène le lecteur loin, toujours plus loin jusqu’au royaume d’Afghanistan au XIXe siècle. Et nous fait découvrir des aventurières étonnantes, lumineuses comme le Dr Lillias Hamilton. Bénéfice secondaire, ce retour vers le passé une fois de plus éclaire le présent et le « grand jeu » auquel se prêtent aujourd’hui les grandes puissances. Entre le portrait, l’anecdote et la réflexion, ce long parcours dans le temps et l’espace écrit d’une plume élégante et claire transporte le lecteur vers des pays lointains. Avec au final, l’air de rien, une méditation sur le caractère universel de la médecine, le plus beau métier du monde ?
Décision Santé. Vous citez dans votre ouvrage cette belle réflexion qui accueille les visiteurs de Robert Gallo dans son centre de recherche : « Nous ne devons pas manquer la vérité d’où qu’elle vienne. »

Anne-Marie Moulin. Lorsque Robert Gallo a quitté le NIH pour s’installer au sein de l’université de Baltimore, il a créé un institut de recherche sur le sida dans la partie pauvre de la ville, tout près du ghetto. Il y a installé un centre de consultation pour ces populations précaires. Il m’avait demandé de lui trouver une citation originale.

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