Entretien avec Irène Théry

« Pourquoi avoir sacralisé l’anonymat ? »

Publié le 25/02/2011
Pourquoi la levée de l’anonymat revêt-elle un enjeu essentiel pour le modèle bioéthique français ? Le corps médical serait-il paniqué face à l’évolution de la morale ? Ces blocages ne révèlent-ils pas un trouble dans la filiation ? Doit-on redouter une déroute des valeurs ? Irène Théry sur ces questions s’engage nettement. Et dénonce au-delà de la question sensible du droit des enfants à connaître leur origine une autre exception française incapable d’appréhender les mutations profondes qui se sont opérées avec les nouvelles manières de faire des enfants. Qu’on ne s’y trompe pas, ce livre1 issu d’une longue réflexion est donc un instrument de combat. Pour la sociologue, directrice d’études à l’EHESS2, la loi doit être changée. Et vite. Mais au-delà du clivage d’opinions, l’ouvrage invite le lecteur à s’interroger sur le vertige que provoquent les nouveaux modes de conception. Loin de la polémique, il y a là une réflexion anthropologique majeure sur les nouveaux modes de parenté. À lire avant que le débat ne rebondisse au Sénat dans les prochains jours.

Décision Santé. Votre livre est un plaidoyer argumenté pour la levée de l’anonymat des donneurs dans le cadre de l’assistance médicale à la procréation (AMP). Pourquoi un tel engagement dans le débat public ?

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