Brève

Cour des comptes, un déficit structurel de 3 à 4 milliards d'euros de la Sécurité sociale

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Publié le 04/10/2018
Cour des comptes

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Crédit photo : Cour des comptes

Tout aurait-il été dit lors de la présentation du plan "Ma santé 2022"? Un pavé (un peu) allégé, des recos classiques sur l'intérêt à développer la prévention notamment dans le domaine cardio-vasculaire, la nécessité à accélérer le virage ambulatoire, cette édition 2018 du rapport de la Cour des comptes 2018 ne révèle pas de scandale d'Etat. Toutefois, la Cour confirme bien le diagnostic posé par l'ensemble des fédérations hospitalières (voir brève Fehap). L'hôpital finance le dérapage des dépenses opérées par la médecine de ville. L'activité hospitalière en effet s'est fortement ralentie en 2017. Ce qui n'avait pas été anticipé par la DGOS. Au final, le déficit des hôpitaux s'est aggravé avec un quasi-doublement de 439 à 835 millions d'euros du déficit. Ce transfert de déficit vers l'hôpital ne trompe pas la Cour. « Pris ensemble, les déficits combinés de l'assurance maladie et des hôpitaux publics ont, en réalité, augmenté en 2017 par rapport à 2016 », révèle Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes. Ce tableau d'honneur décerné à l'hôpital ne doit pas toutefois masquer l'appel à restructurer en profondeur le secteur hospitalier. Le rapport reprend les chiffres connus de l'OCDE concernant le nombre de lits d'hôpital pour 1 000 habitants. En comparaison avec l'Irlande, le Royaume-Uni et la Suède, la France est certes en tête. Mais le rapport ne cite pas l'Allemagne et l'Autriche par exemple, où les lits d'hôpitaux sont plus nombreux que dans l'Hexagone. 

Enfin, le rapport n'est pas dupe des bons chiffres affichés par le gouvernement sur le rétablissement des comptes de la Sécurité sociale. Le bulletin de santé s'améliore. Mais la Cour évalue entre 3 et 4 milliards d'euros la part structurelle du déficit. « Il est impératif d'éliminer ce déficit structurel pour permettre à la Sécurité sociale d'être durablement à l'équilibre », souligne Didier Migaud. Quant au financement du plan « Ma santé 2022 », il est loin d'être assuré, même avec le desserrement de l'Ondam à 2,5 % en 2019. La faute aux promesses tenues aux différents acteurs du système de santé. L’avenir n'est pas encore écrit…  


Source : decision-sante.com