Neurologues et cardiologues : entente cordiale pour l’AVC

20.10.2016

Prévention primaire et secondaire, régulation par le centre 15, traitement de la phase aiguë, retour à domicile et gestion du handicap, filières de prise en charge … tels sont les principaux sujets actuels pour organiser une meilleure prise en charge des accidents vasculaires cérébraux.
 
Anne-Marie Armanteras-de-Saxcé, directrice générale de la DGOS, s’est félicitée des progrès de prise en charge obtenus en quelques années, soulignant notamment la structuration des filières de soins et l’important travail de maillage du territoire réalisés depuis le lancement du plan AVC en 2010. Selon la dirigeante, la mobilisation des équipes de professionnels de santé a été de mise. Les efforts doivent cependant se poursuivre pour améliorer la prise en charge à la sortie de la phase aiguë et au domicile du patient. L’instauration d’animateurs de filière est désormais indispensable, reconnaît-elle, pour pérenniser les progrès accomplis.

Qualité vs quantité
 
Pour améliorer l’accès aux unités neurovasculaires (UNV) en cas d’AVC (on estime qu’environ 2 patients sur 3 faisant un AVC y sont pris en charge), France Woimant, neurologue et référente AVC de l’ARS Ile-de-France, suggère de privilégier l’augmentation des capacités des UNV plutôt que leur nombre. Concernant le patient âgé, le gériatre Olivier Hanon (hôpital Broca à Paris) propose aux neurologues de se rapprocher des réseaux de neurogériatrie déjà mis en place pour l’incorporer en post-AVC dans le parcours gériatrique.
 
« 90% des AVC évités par un bon contrôle des facteurs de risque ! »
 
Serge Timsit, Président de la Société Française de Neuro-Vasculaire, insiste avec Jean-Yves Le Heuzey, président de la Société Française de Cardiologie, sur l’importance de la prévention, à la fois primaire et secondaire, face au risque d’AVC. Xavier Ducrocq, neurologue au CHR de Metz-Thionville, prône d’ailleurs une action de prévention commune entre neurologues et cardiologues, avec une éducation thérapeutique conduite conjointement. Pour dépister les patients à risque, la recherche d’une fibrillation atriale (FA) est incontournable et ce à tous les stades. Elle doit être faite avant tout accident, dès la survenue d’un AIT comme le rappelle Marie-Hélène Mahagne, responsable de l’UNV au CHU de Nice et en bilan d’un AVC constitué ou dans le cadre d’un syndrome d’apnée obstructive du sommeil. Et ce d’autant que la FA bénéficie aujourd’hui de traitements de choix grâce aux nouveaux anticoagulants oraux directs (AOD).
 
La prise en charge en aigu de l’AVC a connu des progrès considérables en quelques années : prise en compte par le SAMU de la nécessité d’une orientation rapide dès l’appel au 15 vers la bonne filière de soins, mise en place d’un réseau étendu de télémédecine permettant la pratique de thrombolyse à distance des UNV et essor de la thrombectomie qui a bouleversé le pronostic de certains AVC. D’autres progrès émergent, comme nous l’annonce François Braun, Président de SAMU-Urgences de France : de nouveaux camions de SAMU avec appareil d’imagerie intégré vont bientôt être en expérimentation, permettant de faire un scanner cérébral au patient, alors même que le SAMU le transporte vers le centre de prise en charge, et donc de l’orienter d’emblée vers l’unité la plus adaptée. Mais un défi majeur pour les autorités apparaît, alerte Jérôme Berge, neuroradiologue au CHU de Bordeaux, concernant la thrombectomie : l’accès à cette technique pour tous les patients qui pourraient en bénéficier pourrait devenir problématique, faute de professionnels formés suffisamment nombreux et d’une cotation adaptée de cette activité.
 
Pour favoriser les bonnes conditions d’un retour à domicile pour le patient, les équipes mobiles de rééducation doivent être étoffées, réclame Anne Léger, neurologue à l’hôpital Pitié-Salpétrière de Paris. L’AVC est à considérer comme une maladie chronique et non aiguë, souligne-t-elle. Son parcours de soins doit être adapté en conséquence, avec une collaboration ville-hôpital effective indispensable. C’est  d’ailleurs dans le but de fluidifier ce parcours ville-hôpital que la CNAMTS propose son programme de retour à domicile après hospitalisation (PRADO) adapté à l’AVC. Les professionnels de santé sont par ailleurs unanimes pour demander la tarification des actes concernés dans ce parcours.
 
 
D’après Les Rencontres de la Santé de Décision Santé, colloque national de synthèse « Nouveaux regards sur les parcours de santé des patients cardio et neuro-vasculaires » organisé par Décision Santé et le Quotidien du Médecin avec le soutien institutionnel des laboratoires Bayer et en partenariat avec l’association France AVC.

Source : Decision-sante.com
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