Brève

ARN messager, les débuts d'une révolution thérapeutique

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Publié le 12/11/2020
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Crédit photo : VOISIN/PHANIE

Les grandes découvertes sont rarement reconnues d'emblée. En témoigne l'histoire exemplaire de l'ARN messager telle qu'elle est brillamment racontée par nos confrères du journal américain en ligne STAT. Le premier chapitre débute dans les années quatre-vingt-dix avec Katalin Kariko, une jeune chercheure d'origine hongroise, installée aux États-Unis qui essuie alors de multiples refus. Le pouvoir en théorie de l'ARN messager est immense. Il est le vecteur qui commande la production de tous les agents indispensables à la vie. Toutefois, une introduction au sein d'un organisme conduirait immédiatement au rejet induit par le système immunitaire. D'où le refus systématique des instances académiques d'octroyer des subventions à des recherches de ce type. En 1995, Katalin Kariko est même rétrogradée. Dans son université de Pennsylvanie, la nomination de professeur titulaire lui est ainsi refusée. Mais vient une idée de génie avec son collaborateur, Drew Weissman, un doctorant en immunologie. Ils mettent au point une parade qui permet à cet ARN synthétique de ne pas être reconnu par le système immunitaire. La découverte est publiée en 2005. Mais elle passe inaperçue à l'exception de deux chercheurs qui joueront un rôle clé dans la suite de l'histoire. Derrick Rossi, en 2007 est nommé professeur adjoint à la Harvard Medical School (Boston, États-Unis). Il utilise alors cette nouvelle technique pour la production de souches embryonnaires. Bingo. Il présente sa découverte à Robert Langer un inventeur prolifique et professeur au MIT de Boston et Noubar Afeyan, à la tête d'une société de capital-risque. Ils seront tous les trois à l'origine de la biotech Moderna. Rossi, sur fond de dispute, quitte l'entreprise en 2014... L'autre chercheur qui a lu l'article princeps de Katalin Kariko est un médecin d'origine turc, installé en Allemagne. Avec sa femme ils seront à l'origine d'une obscure biotech, BioNTech.... En 2013, la société recrute Katalin Kariko comme vice-présidente. Si Moderna dès le début s'expose à la lumière, la biotech allemande reste dans l'ombre. Tout bascule le 10 janvier dernier lorsque des scientifiques chinois mettent en ligne la séquence génétique d'un nouveau virus. Sans attendre, les deux biotechs se lancent dans l'aventure. Si les premiers succès se confirment, un nouveau chapitre de la médecine commence.


Source : decision-sante.com