Brève

AstraZeneca, histoire d'un vaccin maudit

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Publié le 08/04/2021
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Crédit photo : BURGER/PHANIE

Les déconvenues s’accumulent pour le laboratoire AstraZeneca. La principale d’entre elles est la médiatisation des effets secondaires de son vaccin, à savoir des thromboses rares. Pour l’instant, au total dans le monde, seuls 62 cas de thromboses veineuses cérébrales ont été recensés chez des personnes ayant reçu le vaccin du laboratoire : 22 au Royaume-Uni, 31 en Allemagne et 12 en France. En fonction du nombre de personnes vaccinées, les risques sont de 0,0002 % (une chance sur 600 000) au Royaume-Uni, de 0,0006 % en France (une sur 160 000), ce qui les classe dans la catégorie extrêmement rare et exceptionnelle.

L’Agence européenne estime le lien de cause à effet « pas prouvé, mais possible ».  L’Agence norvégienne du médicament pense qu’il y a un lien probable avec le vaccin (ce pays a prolongé la suspension du vaccin jusqu’au 15 avril). Pour autant, ces deux Agences poursuivent leurs investigations. L'Agence française va rendre son avis incessament (voir billet).

D’où une méfiance qui s’installe de plus en plus dans les opinions publiques comme la Française. Le week-end dernier dans le Pas-de-Calais et dans le Nord, plusieurs centaines de doses n’ont pas trouvé preneurs.

Couac sur les livraisons

Autre point de tension, le laboratoire n’a fourni à l’Union européenne que 30 millions de doses sur les 120 millions promises au premier trimestre 2021. Les pays européens sont remontés contre le laboratoire qui reste droit dans ses bottes. Ce dernier a pourtant reçu au total 1,7 milliard d’euros de la part des gouvernements américain et britannique et de l’UE pour la mise en place des chaînes de production et à titre de précommande. En guise de rétorsion, Bruxelles a annoncé un renforcement du contrôle des exportations de vaccins afin que des doses promises à l’UE ne prennent le chemin du Royaume-Uni ou d’autres pays.

Le rival J & J aux États-Unis

Aux États-Unis, le laboratoire semble encore moins en odeur de sainteté que dans l’UE. Suite à une perte de 15 millions de doses du vaccin J & J qui était produit sur le site Émergent BioSolution à Baltimore à la suite d’une erreur humaine [les deux vaccins ont été mélangés par le personnel], le laboratoire AstraZeneca a été invité par les autorités américaines à quitter les lieux du site de production. Alors que le vaccin de J & J utilise la même technologie qu’AstraZeneca, il ne nécessite qu’une seule injection, peut être conservé dans un réfrigérateur et bénéficie d'un crédit de confiance. Bref, les États-Unis pourraient donc très bien autoriser le Vaxzevria®, mais sans forcément le commander. Dernier doute, ce dernier ne serait pas efficace contre le variant sud-africain, ni contre le variant brésilien, alors même qu’il a fait ses preuves contre le variant anglais.


Source : decision-sante.com