Brève

La médecine de réaction est morte, vive la médecine d'anticipation!

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Publié le 14/03/2019
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Crédit photo : SPL/Phanie

Comment anticiper ? La mise sur le marché des traitements contre l'hépatite C, au-delà de la seule question du prix, a révélé l'impréparation des pouvoirs publics à l'arrivée d'une innovation de rupture. Mais ce nouveau médicament apparaît désormais comme l'avant-garde d'une nouvelle génération de thérapeutiques appelées à transformer en profondeur l'exercice de la médecine. D'où l'intéret de l'analyse prospective menée par le Leem et le think tank Futuribles sur la santé en 2030. « D'une médecine de réaction, le diagnostic d'une maladie conduit à la prescription d'un traitement, il faut désormais parler d'une médecine d'anticipation », relève Hervé Chneiweiss, président du comité d'éthique de l'Inserm. C'est aussi une médecine de convergence où le patient, au-delà de l'incantation rituelle, est bien au coeur du système intégratif. Le monopole d'exercice de la médecine par les seuls médecins est déjà contesté par les Gafa. Google et Facebook depuis 2015 grâce aux données recueillies réussissent à diagnostiquer une maladie de Parkinson grâces aux seules informations recueillies lors de fautes de frappe ou de micro tremblements de la voix imperceptibles au neurologue. Dans ce nouveau monde en gestation, les « vieilles règles » qui présidaient à la fixation des prix ou à l'évaluation des médicaments ne sont plus de mise. Comme pour d'autres secteurs économiques, le prix du médicament est appelé à être modulé. Les variations de prix seraient corrélées aux indications et surtout aux résultats. Quant à l'évaluation de traitements destinés à des effectifs limités de patients selon les principes de la médecine de précision, elle ne peut plus répondre aux mêmes règles édictées pour les blockblusters prescrits à de grandes populations de patients. 

Pour autant, ce nouveau monde annonce-t-il un monde meilleur? La stagnation de l'espérance de vie apparaît comme une première brèche. Simple accident de parcours ou tendance de fond ?, interroge le document. Le mieux en matière de prospective n'est pas toujours sûr.  

 

    


Source : decision-sante.com