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500 à 750 millions d'euros manquent aux hôpitaux public pour compenser l'impact du Ségur de la santé.

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Publié le 21/10/2021

En matière de financement des mesures du Ségur de la Santé, le diable avec sa maîtrise bien connue des détails aurait-il une fois encore gagné la partie ? Alors que le gouvernement avait assuré une compensation intégrale à l'euro près pour les hôpitaux des revalorisations salariales, le compte selon les calculs de la Fédération hospitalière de France (FHF) n'y est pas. Il manquerait au final entre 500 millions et 750 millions d'euros sur une enveloppe de 3,8 milliards d'euros selon les modes de calculs. Avec le risque, si aucune correction n'est apportée, que ce déficit se reproduise d'année en année. Pour le compenser, le danger serait de puiser, mal français récurrent, dans les budgets d'investissements. La même situation de sous-financement est également observée dans les Ehpad.

Impact des revalorisations pas prises en compte

Comment en est-on arrivé là ? Les explications relèvent toutes d'un registre technique. Exemple, les estimations ont été réalisées sur les effectifs de 2019. Depuis, pour répondre à la situation de crise, les effectifs ont gonflé. Quant aux impacts des revalorisations, elles n'ont pas toutes été prises en compte. Autre facteur, on devrait observer à la fin de l'année une sous-exécution du taux de l'Ondam tel qu'il avait été voté par le parlement. Enfin, la FHF cite l'exemple des primes de responsabilité civile dont le montant repose notamment sur le volume des charges des hôpitaux et donc des salaires. 

Taux d'absentéisme de 10 %

Au-delà des directions financières des hôpitaux publics qui voient rouge, les directions des ressources humaines témoignent des fortes pressions auxquelles elles sont soumises. Le taux d'absentéisme flirte avec les 10 %. Celui des postes vacants atteint 5 %. La situation n'est pas jugée catastrophique par la FHF. Mais elle ne permet pas un rattrapage des soins provoqué par les déprogrammations des soins non urgents. Pour autant, le climat social est plutôt gris. Selon une enquête menée auprès des ressources humaines, 75 % des responsables estiment la situation plus tendue qu'en 2019 et 56 % plus tendue qu'en 2020. Des phénomènes de lassitude sont également observés. Comment passer l'hiver, s'interrogent les professionnels du soin ? En tout état de cause le climat social sera scruté avec grande attention quelques mois avant l'élection présidentielle. 


Source : decision-sante.com