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Didier Tabuteau ou l'indépendance au pouvoir

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Publié le 06/01/2022

Crédit photo : S. Toubon

La courtisanerie ne serait donc pas la voie royale pour accéder aux grands postes régaliens. En témoigne l'élection par l'Élysée de Didier Tabuteau au titre de vice-président du Conseil d'État, en fait le patron de l'institution créée par le Consulat en 1799. Le microcosme n'avait, paraît-il, pas misé sur ce haut fonctionnaire cultivé, non ce n'est pas un pléonasme ! qui a toujours préservé son indépendance d'esprit quoi qu'il lui en coûte. Jamais arrogant, toujours rigoureux, animé par de solides convictions, il a certes mené une carrière exemplaire depuis sa sortie de l'école polytechnique et de l'Ena. Elle avait pourtant débuté par un drôle de choix, la protection sociale, domaine qui n'est guère plébiscité par l'élite. Belle idée, elle lui permettra d'animer ce qu'il a été convenu d'appeler la dream team de Bernard Kouchner au ministère de la Santé qui irriguera ensuite tous les lieux de pouvoir du sanitaire en France. Au passage il aura porté la mise en œuvre de la fameuse loi patients du 4 mars 2002 dont on fêtera cette année le vingtième anniversaire. Il nous en avait livré les principaux secrets dans un entretien récent. Prolifique auteur en droit social et en santé publique, il aurait pu être élu au Collège de France. Emmanuel Macron l'a élevé au rang de premier fonctionnaire de France. Persiste toutefois un mystère. On ne lui connaît pas d'ennemis ! Faut-il avoir du talent et de la séduction pour échapper ainsi à la rançon de la gloire ? Retrouvez ici son grand entretien publié en mai dernier par notre rédaction.


Source : decision-sante.com