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PLFSS 2019, tir à vue sur les pharmaciens prescripteurs

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Publié le 25/10/2018
tir à vue

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Crédit photo : GARO/PHANIE

C'est un big bang à bas bruit. Les médecins-députés n'ont plus la main dans la défense corporatiste de leurs « chers confrères ». À l'occasion du PLFSS 2019, un amendement déposé par la députée LREM Delphine Bagarry (Alpes-de-Haute-Provence) met le feu aux poudres chez les syndicats de médecins et au conseil de l'Ordre des médecins. MG France, le syndicat des médecins généralistes, n'hésite pas à évoquer « une vente à la découpe de la profession ». Une expérimentation menée sur une durée de trois ans dans deux régions autoriserait les pharmaciens à délivrer des médicaments sans prescription initiale du médecin sur un nombre limité de pathologies. C'est une nouvelle atteinte à ce que Didier Tabuteau a jadis appelé la coproduction des normes professionnelles par un corps médical décrit alors comme une profession législative (Cf. notre article paru en mai dernier). Au final, le pouvoir des médecins cède du terrain. Et cette glissade sous le coup de boutoir des déserts médicaux, d'une démographie en berne et de la révolution de l'intelligence artificielle en matière de diagnostic ne peut que s'accélérer. Les fantassins de la médecine, les médecins libéraux, sont aux avant-postes. Et affrontent les premiers feux. Mais le tour des médecins hospitaliers ne saurait tarder. Sur le front en mouvement des arrêts de travail, Agnès Buzyn dans un entretien aux Échos du 23 octobre attend ainsi des praticiens hospitaliers une mobilisation. « Nous allons aussi faire en sorte qu’ils aient à l’esprit la durée légitime d’un arrêt maladie pour telle ou telle pathologie. » Simple information dans un premier temps avant d'envisager plus tard une « mise en observation » ? Que restera-t-il du métier dans dix ans ?


Source : decision-sante.com