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Démission des 120 médecins, comment éviter que la tache d'huile ne se propage ?

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Publié le 18/10/2018
saint brieuc

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Crédit photo : GARO/PHANIE

La crise couvait depuis plusieurs mois. Et « aujourd’hui, la direction n’a donc plus d’interlocuteurs. Le dialogue est rompu », s'indigne le Dr Christian Brice, médecin urgentiste et délégué à l'Amuf. Depuis le 9 octobre dernier, l'hôpital de Saint-Brieuc est en état de crise aiguë avec la démission de la CME de l'ensemble des praticiens de l'hôpital. En effet, les 120 médecins qui siègent au sein de la Commission médicale d'établissement (CME) du centre hospitalier Yves-le-Foll de Saint Brieuc (Côtes d'Armor), ont décidé de démissionner en bloc de leur fonctions administratives et managériales. Les causes de cette démission ne sont pas liées au déficit économique ni aux restructurations imposées par la réforme des GHT ni à la décision de la direction de ne pas réembaucher les personnels contractuels. Elles sont strictement dues à des lacunes de management et de communication avec la direction de l'établissement. Les doléances exprimées par les médecins sont la clarification des circuits de décision, une plus grande écoute des chefs de service et chefs de pôle, une meilleure définition des rôles du directeur général et du directeur délégué.

Une première

Selon le syndicat Convergences (CMH et Snam), c'est la première fois qu'une décision aussi radicale est prise par l'ensemble d'une communauté hospitalière. Selon le syndicat des urgentistes Amuf, la ministre de la Santé n'écoute que les seuls professeurs des universités. Et ne répond absolument pas aux difficultés des hospitaliers. Le syndicat se plaint de la poursuite des fermetures d'établissements et des regroupements d'activités. Et appelle les médecins à mener d'autres actions à l'exemple de ceux de l'hôpital de Saint-Brieuc. L'Igas a ouvert une enquête qui va durer plusieurs mois. Selon une chef de service interviewée par Ouest France, « l’agence régionale de santé (ARS) craint que cela ne fasse tache d’huile dans les autres hôpitaux en souffrance. L’ARS nous a proposé une médiation que nous avons refusée. Nous, nous réclamons un diagnostic sur la gouvernance. »

 


Source : decision-sante.com