Brève

L'appel à l'aide des neuf plus grands hôpitaux européens qui craignent une rupture des médicaments en réanimation

Par
Publié le 01/04/2020
Covid-19

Covid-19
Crédit photo : arnaud janin

Dans une lettre adressée à leurs gouvernements respectifs, les médecins des neuf plus grands hôpitaux européens* appelent à des mesures d'urgence pour faire face à la pénurie de médicaments : « Les hôpitaux seront bientôt à court de médicaments essentiels pour traiter les patients atteints du Covid-19 hospitalisés en réanimation. Faute d'une collaboration européene pour garantir un approvisionnement continu en médicaments, ils risquent de ne plus pouvoir fournir des soins intensifs adéquats d'ici une à deux semaines », expliquent les signataires. En réponse, le ministre de la Santé Olivier Véran a reconnu «des tensions sur les stocks d'un certain nombre de produits dans les hôpitaux ». Pour certains de ces puissants médicaments, à l'instar des curares, du propofol, du midazolam ou encore de la morphine, la demande a explosé «de 2000% dans le monde, ce qui crée des mouvements de tension », a-t-il expliqué. « Aucun pays européen ne dispose à lui-seul des installations de production nécessaires pour fournir tous les médicaments nécessaires. » Le fabricant français Medpha indique avoir peu de visibilité pour les semaines à venir. Certains dosages ne sont déjà plus disponibles. Même si la production augmente depuis quelques jours, « le délai de fabrication pour des ampoules de curare est d'un mois et demi à deux mois en incluant tous les contrôles qualité », explique Luc Lamirault, le fondateur du laboratoire. Même les matières premières qui viennent d'Italie et d'Espagne sont longues à fabriquer. Et d'enfoncer le clou : « Pour ces médicaments peu chers, personne n'a de stocks et la production est en flux tendu. » Pour éviter une rupture totale des stocks, de nouvelles recommandations ont été émises le 27 mars aux médecins. L'objectif est d'économiser les médicaments de réanimation en diminuant les doses et la durée d'utilisation. Toutefois, les patients doivent toujours « pouvoir être réveillés sans danger ». 

* AP-HP, San Raphaele (Milan), Vall d'Hebron (Barcelone), King's College (Londres), La Charité (Berlin), Rotterdam, Stockholm, Vienne, Louvain.


Source : decision-sante.com