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Plan national des soins palliatifs 2015-2018, un impact modeste

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Publié le 13/02/2020

62,2 % des personnes majeures décédées en France en 2014, soit près de 345 000 personnes sur 552 000 personnes décédées cette année-là, auraient dû bénéficier de soins palliatifs. La France (2,4 lits pour 100 000 habitants) est largement derrière d'autres pays plus en pointe comme la Belgique (3,4), le Royaume-Uni (4,2) et le Québec (10). En matière de soins palliatifs, on part de loin et il y a beaucoup à faire. Malgré le plan dédié 2015-2018 lancé par les pouvoirs publics, l'Igas qui vient de sortir un rapport sur le sujet souligne sa mise en oeuvre satisfaisante, quoique partielle. Mais dénonce son impact modeste sur le terrain. Avec un financement en hausse (63 millions par an versus 45 millions dans le plan précédent), "les engagements financiers ont été globalement tenus au niveau national, mais pas entièrement traduits au niveau local". Par exemple, en ce qui concerne l'axe 2 (formation et recherche), la création d'une sous-section au Conseil national des universités a permis la nomination de 12 professeurs en 2019. En revanche, le déficit en personnels spécialisés en soins palliatifs persiste, voire s'aggrave.

Une autre avancée modeste est soulignée par les rapporteurs. En matière d'égalité d'accès aux soins, l'offre de soins palliatifs n'a progressé que modestement de 2015 à 2018 : le nombre de lits en unités de soins palliatifs est passé de 1 562 à 1 776 (hausse de 14%), le nombre de lits de soins palliatifs de 5 072 à 5 479 (+8%) et le nombre d'équipes mobiles dédiées de 379 à 385 (+2%). Quant au repérage précoce, il a pratiquement stagné.

Pour remédier à ce surplace, l'Igas propose des recos ambitieuses : au moins un lit d'unité de soins palliatifs pour 100 000 habitants et au moins une USP par département en 2022. Outre les moyens à mettre en oeuvre sur le terrain, l'Igas souligne l'essoufflement de la dynamique des 4 plans précédents et "préconise une vaste réflexion sur la stratégie palliative à moyen terme qui devra nourrir la future stratégie nationale de santé après 2022". Et tacle la gouvernance du CNSPFV en suggérant une refonte de ce dernier ainsi qu'une évolution de ses missions.


Source : decision-sante.com