Brève

Ségur de la santé, faut-il y croire ?

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Publié le 18/05/2020
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Révolution au Palais ! Emmanuel Macron reconnaît une faute stratégique dans la conception du plan Ma santé 2022 : pas assez de moyens, mis en orbite trop tardivement, le plan ne répondait déjà plus à la réalité de 2018. Au moment de la présentation de la réforme, cette erreur de diagnostic a d'ailleurs été partagée par l'ensemble des spécialistes qui ont applaudi à une vision systémique. Les conflits qui ont secoué l'hôpital tout au long des derniers mois n'avaient pas remis en cause en hauts lieux la pertinence des choix opérés en 2018. On reconnaissait simplement un retard d'exécution, une difficulté à recueillir les fruits d'une reforme qui s'inscrivait dans le long terme. En janvier dernier, Marie Fontanel, encore conseillère santé d'Emmanuel Macron, à l'heure de dresser son bilan de la santé avant son départ de l'Élysée estimait le 15 janvier dernier : "Nous ne sommes pas pris en défaut de sens, de vision, ni même de mesures, d'outils pour faire". Le tsunami du printemps a balayé ces dernières résistances. Et Olivier Véran ce dimanche annonce pour le 25 mai le lancement d'un Ségur de la santé avec au programme des augmentations de salaire pour les personnels soignants, un plan d'investissement massif pour l'hôpital. Et reprend au passage l'idée de Didier Tabuteau lancée en 2013. Faut-il y croire ? En septembre 2018, Décision & Stratégie Santé rappelait le mot de François Mauriac : "La déception est un sentiment qui ne déçoit jamais." Comment échapper à ce mot cruel ? En mars dernier le remplacement de Marie Fontanel par Anne-Marie Armanteras de Saxé au-delà du changement de génération envoyait un signal fort. Désormais, l'expérience l’emportait sur tous les autres critères. Surtout, la santé est devenue le test au regard de l'opinion de la capacité de ce gouvernement à se réinventer. La politique a toujours été un sport de combat. Ce premier round qui débute ce 25 mai en témoigne. Et la devise olympique, "plus vite, plus haut, plus fort" sera sans nul doute au cœur de tous les participants. Alors à la fin est-ce toujours la déception qui gagne ?


Source : decision-sante.com