Brève

Arnaud Desplechin et ses fantômes

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Publié le 22/02/2018
visuel Desplechin

visuel Desplechin

Les fantômes sont un excellent matériau pour le cinéma. Ils hantent un grand nombre de cinéastes. Et sont à pied d’œuvre dans la plupart des films d’Arnaud Desplechin qui tisse avec beaucoup de brio, les fils autobiographiques avec ceux de la fiction. Le résultat est chaque fois une œuvre haute-couture. Bref un prototype qui échappe au processus industriel du cinéma d’aujourd’hui, avec ses excès, ses fulgurances et parfois ses impasses. Les fantômes d’Ismaël, dont nous est donnée ici la version originale plus longue que celle projetée en séance d’ouverture du dernier festival de Cannes, sont un concentré de la filmographie d’Arnaud Despleschin, toujours en quête du chef-d’œuvre absolu, sans y être encore arrivé. Dans cette histoire, un homme accessoirement réalisateur de cinéma se trouve partagé entre deux femmes interprétées par Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg. Il cale sur l’écriture d’un scénario puis déserte le tournage de son film consacré à son frère diplomate, avant d’accompagner un grand cinéaste à Tel-Aviv, double de Claude Lanzmann à l’occasion d’un hommage. Le spectateur est parfois saisi par le vertige, accentué par les références cinéphiliques, y compris aux précédents films de Desplechin. Tant de talent, d’intelligence et d’énergie bute toutefois sur le sens que l’on doit donner à cette œuvre toute entière d'un réalisateur tourné sur ses démons, sinon ses fantômes intérieurs. Le spectateur y puisera toutefois de grands moments de cinéma. Faut-il pour autant avancer masqué - la devise du cinéaste - afin de produire une grande œuvre ?

Voir la bande-annonce et l'interview des deux actrices Charlotte Gainsbourg et Marion Cottillard lors de la sortie du film en mai 2017.

Les fantômes d’Ismaël avec Mathieu Amalric, Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg. Edition Carlotta, 19,99 euros.


Source : decision-sante.com