Brève

À quoi sert l'art ?

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Publié le 22/04/2021
culture

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L'art est-il un instrument de consolation au même titre que la religion ? Les tombeaux poétiques sont un genre poétique à part entière. Mais Hisham Matar a raconté ailleurs la disparition de son père kidnappé au Caire puis massacré dans une kommandantur libyenne dont le corps n'a jamais été retrouvé. Face à cette mort privée de sépulture, le fils s'invente un paradis, Sienne l'italienne, riche de la plus belle place au monde, ses peintres célèbres, son histoire unique. Là dans cet espace limité où le visiteur n'est jamais loin d'un cimetière, la fréquentation des chefs-d’œuvre, l'école de Sienne pendant un mois devrait livrer ses secrets. Et délivrer peut-être l'auteur de son chagrin sans fin. D'autant que Hisham Matar est traversé par une certitude : « Il n'y a que dans un livre ou devant un tableau qu'on a véritablement accès au point de vue de quelqu'un d'autre. » Pourtant la vérité ne se laisse pas capturer si aisément. Mais ce vagabondage dans l'espace-temps qui se moque des frontières entre Rome et New York, Ibn Khaldoun et Abélard, instille chez le lecteur un désir de vie. Même si la mort n'est jamais loin, mort intime, ou mort de masse comme dans l'évocation de la Grande Peste noire de 1348. Alors, ne refusons pas les secours qu'apporte l'art.

Un mois à Sienne, Hisham Matar, collection du Monde entier, éditions Gallimard, 140 p. avec reproductions 2021, 14 euros.


Source : decision-sante.com